Le goût des autres – devoir 139 –

Chez Lakévio

Je n’ai pu participer la semaine dernière, partie dans des contrées grecques.

Que cette toile de Emile Friant vous a-t-elle inspiré ?
Ce qui serait vraiment bien, c’est que vous commenciez votre explication par :
« J’arrive tout couvert encore de rosée »
Et que vous la finissiez par :
« Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches. »

Le colibri et le chapeau

J’arrive tout couvert de rosée. Je suis le petit colibri, vous savez celui qui vole toujours et ne se pose pratiquement jamais. J’ai oui dire par une amie qui butine pour fabriquer un miel doré que dans le salon de Madame, il y avait un nectar sublissime. Mais la déesse Flore que c’est vrai ! Et Madame me sourit ! Je ne suis pas vraiment habitué à ce genre de fleurs mais j’avoue que les pivoines embaument et m’attirent comme un aimant. Si la saveur est égale au parfum, je vais être le roi du chapeau. Mais je rêve, des fleurs de pommiers, mes préférées. Regardez comme le rose délicat qui borde les pétales est accueillant. Madame a eu aussi le bon goût de mettre un ruban rouge ; rouge comme le feu, comme le sang, comme le rubis ! Je virevolte au milieu de ce bouquet ! Je me régale, je me délecte, je meurs de bonheur !

Mais soudain, quoi, un cataclysme, un tsunami ! madame ? madame votre chapeau est trop beau, ne l’enlevez pas !Ne le déchirez pas avec vos deux mains  blanches !

Le goût des autres – devoir 137 –

Chez Lakévio

Ce monsieur, peint par Jackie Knott semble…
Semble quoi ?
Il est d’un sérieux papal, soit.
Mais encore ?
J’espère qu’on en saura plus lundi, grâce à nos efforts communs pour lire sa pensée.

Chapeau mou en noir feutre sur son crâne chauve, chemise blanche impeccable, costume strict sous un imperméable classique, Monsieur Lucien est assis sur ce banc. Cela fait une semaine qu’il vient tous les jours à la même heure. Que lit-il ? Que cherche –t-il dans cette feuille de chou  ? Les offres d’emploi ? Certainement pas ; du boulot il en a un et pas des moindre. On ne lâche pas la proie pour l’ombre. Alors il recherche un nouveau modèle de voiture, un nouveau chien, une armoire normande ? Ah j’y suis, il regarde les petites annonces coquines ?  Rien de tout cela ! Ne voyez-vous pas que ses lunettes légèrement fumées lui cache un peu les yeux ; Monsieur Lucien ne lit pas. Monsieur Lucien observe mine de rien l’entrée de l’hôtel d’en face. Monsieur Lucien est détective privé, il est en mission… Il vous intéresse, désolée je n’ai pas son 06…