Mariage de Henri de Navarre

18 août 1572 : cérémonies du mariage de Henri IV, alors roi de Navarre

Quelques semaines plus tôt, la reine de Navarre, Jeanne d’Albret, nièce de François Ier et mère de Henri de Navarre, futur Henri IV, était de retour à Paris et avait hâte de voir son fils marié pour le ramener dans ses États ; mais pendant qu’elle pressait avec activité les préparatifs des noces, elle fut atteinte d’une pleurésie dont elle mourut après cinq jours de maladie, le 9 juin 1572.

« Le roi [Charles IX, frère de Marguerite de Valois promise au futur Henri IV] témoigna beaucoup de douleur de cette mort ; il en porta le deuil et commanda que le corps fût ouvert pour savoir là cause de sa mort. On trouva que, de longue main, les poumons étaient ulcérés ; que le travail et les grandes chaleurs avaient allumé une fièvre continue ; mais plusieurs ont cru que le mal était au cerveau, et qu’elle avait été empoisonnée en une paire de gants parfumés », écrit l’historien Matthieu. L’opinion populaire accusa de cet empoisonnement Catherine de Médicis elle-même, et Pierre de L’Etoile, qui recueillait avec soin toutes les historiettes de son temps, dit que l’empoisonneur fut le parfumeur de la reine-mère Catherine, messire René, Italien qui demeurait sur le pont Saint-Michel.

Marguerite de Valois, fille de Henri II, soeur de Charles IX et femme du futur Henri IV. Dessin de François Clouet (1559)
Marguerite de Valois, fille de Henri II, soeur de Charles IX et femme
du futur Henri IV. Dessin de François Clouet (1559)

Henri de Béarn était en route pour rejoindre sa mère à Paris, lorsque, étant arrivé à Chaunay, en Poitou, il apprit sa mort. Cette nouvelle l’accabla ; il fut aussitôt saisi d’une fièvre violente, et quand la maladie cessa, il refusa d’abord de continuer son voyage. Les invitations réitérées de Charles IX, les lettres de l’amiral Gaspard de Coligny lui-même le décidèrent enfin à venir à la cour. Le jeune roi de Navarre entra à Paris avec une suite nombreuse, vêtue comme lui d’habits de deuil, triste présage de nouvelles infortunes.

Le pape Pie V, mort le 1er mai précédent, avait obstinément refusé les dispenses nécessaires pour le mariage du prince protestant avec la princesse catholique. Grégoire XIII, son successeur, envoya un bref que le cardinal de Bourbon, chargé de célébrer l’acte religieux, ne trouva pas assez clair : il fallut différer ; mais bientôt des deux parts, étant convenu de passer outre, on supposa, pour calmer les scrupules du cardinal, une lettre de l’ambassadeur du roi à Rome, annonçant l’envoi de la dispense dans toutes les règles, et les fiançailles se firent au Louvre le 16 août.

Le mariage eut lieu le lendemain. « Il y avait devant le temple de Notre-Dame un grand échafaud, duquel on entrait en un plus bas, pour passer toute la nef, jusques au chœur, et de là à un autre, qui par une poterne menait dedans l’évêché ; tout cela bien garanti de la foule, par balustres. Deux jours après les fiançailles (le 18 août), le roi [Charles IX] et la reine sa mère [Catherine de Médicis], accompagnés des princes du sang, ceux de Lorraine et officiers de la couronne, vinrent prendre la mariée à l’évêché.

« De l’autre côté marcha le roi de Navarre avec ses deux cousins, l’amiral, le comte de La Rochefoucauld et autres. Ces deux bandes s’étant rendues en même temps sur l’échafaud, le cardinal de Bourbon observa les paroles et cérémonies à lui prescrites, et puis les réformés, durant que la mariée oyait la messe, se promenèrent au cloître et à la nef. Là le maréchal Damville, ayant montré au haut de la voûte les drapeaux gagnés à Montcontour, l’amiral répondit : Il faudra bientôt arracher ceux-là, pour y en loger de mieux séants, voulant parler de ceux qu’il espérait gagner sur les Espagnols.

« Après la messe finie, dit l’historien Davila (témoin oculaire), les huguenots furent rappelés par le maréchal Damville, et le mariage fut béni par le cardinal de Bourbon. Dans cette occasion, plusieurs remarquèrent que quand il demanda à Madame Marguerite si elle voulait prendre le roi de Navarre pour époux, elle ne répondit rien, mais le roi son frère, mettant la main sur elle, la força à baisser la tête. Ce mouvement fut interprété comme si elle avait donné son consentement ; mais elle, et devant, et depuis, toutes les fois qu’elle pouvait parler librement, déclarait qu’elle ne consentait point ni à renoncer au duc de Guise, auquel elle avait précédemment engagé sa foi, ni à prendre pour mari un ennemi capital de ce duc. »

La reine Marguerite, dans ses Mémoires, n’a pas consigné cet incident singulier, bien qu’elle se soit étendue avec complaisance sur d’autres détails :

« Nos noces, dit-elle, se firent avec autant de triomphe et de magnificence que de nulle autre de ma qualité. Le roi de Navarre et sa troupe y ayant laissé et changé le deuil en habits très riches et beaux, et toute la cour parée, moi habillée à la royale avec la couronne et couet d’hermine mouchetée — pièce d’hermine qui prenait au-dessous la poitrine et allait en s’arrondissant jusqu’à la ceinture — qui se met au devant du corps, toute brillante des pierreries de la couronne, et le grand manteau bleu a quatre aulnes de queue porté par trois princesses ; les échafauds dressés à la coutume des noces des filles de France depuis l’évêché jusqu’à Notre-Dame, et parés de drap d’or, le peuple s’étouffant en bas à regarder passer sur cet échafaud les noces et toute la cour. Nous vînmes à la porte de l’église, où M. le cardinal de Bourbon, qui faisait l’office ce jour-là, nous ayant reçus pour dire les paroles accoutumées en tel cas, nous passâmes sur le même échafaud jusqu’à la tribune qui sépare la nef d’avec le chœur. »

Marguerite, sans donner d’autres détails sur la célébration de son mariage, termine son récit en disant :« Nous étant ainsi mariés, la fortune, qui ne laisse jamais une félicité entière aux humains, changea bientôt cet heureux état de triomphe et de noces en un tout contraire. » Quelques jours plus tard (24 août) avait lieu le massacre de la Saint-Barthélemy.

Mariage de Marguerite de Valois et de Henri de Navarre, futur Henri IV. Illustration d'Hermann Vogel (1907)
Mariage de Marguerite de Valois et de Henri de Navarre, futur Henri IV
Illustration d’Hermann Vogel (1907)

source la France pittoresque

« La main dans le sac ! »

Où l’on fait la connaissance d’un roi qui fait le ménage.

Gilles Berthelot est un homme riche. Vers 1510, sa charge de trésorier de France lui donne les moyens de concrétiser son désir de prestige. Le voilà qui achète un château sur les bords de l’Indre ! Mais la forteresse en question, Azay-le-Rideau, est un peu trop médiévale à son goût. Il va la transformer radicalement…

azay le rideau
Château d’Azay-le-Rideau, photo : © Léonard de Serres / Centre des monuments nationaux

Finis les épais remparts défensifs, place à ce qui se fait de plus raffiné ! En pleine Renaissance, la mode est à l’architecture italienne, avec des façades décorées et percées de grandes fenêtres.
Pour mettre son château au goût du jour, Berthelot ne lésine pas sur les dépenses. À la place des escaliers en colimaçon du Moyen Âge, il fait construire un majestueux escalier droit, l’un des premiers exemples français à nous être parvenu.

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Sauf que le plan du bâtiment, en « L », peut surprendre quand on connaît la passion de la Renaissance pour la symétrie. Comme beaucoup de châteaux renaissants, il aurait dû avoir une aile en plus pour former un plan en « U ». L’explication derrière cette aile manquante serait politique…

 

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Vue aérienne du château d’Azay-le-Rideau, photo : © DR

En 1527, le roi François Ier fait un grand ménage parmi ses financiers. Effectivement, certains d’entre eux n’ont pas seulement rempli les caisses de l’État : ils ont également garni leurs poches au passage. Condamné, Berthelot est déchu de ses fonctions. Il s’enfuit, laissant en plan son épouse et le chantier de son château inachevé !

Au fil des siècles, les propriétaires successifs ne toucheront plus au plan en « L ». Aujourd’hui, Azay-le-Rideau est considéré comme un joyau de l’architecture Renaissance !

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Anonyme, Portrait de François Ier, XVIe siècle, huile sur toile, Château d’Azay-le-Rideau, photo : © Patrick Müller / Centre des monuments nationaux

Pour en savoir plus :

Un « diamant taillé à facettes, serti par l’Indre… » Voilà comment, au XIXe siècle, l’écrivain Balzac émerveillé évoquait le château d’Azay-le-Rideau.

Aujourd’hui, ce château digne d’un conte de fées sort d’un vaste chantier de restauration  orchestré par le Centre des monuments nationaux. Depuis le 7 juillet, le public peut ainsi redécouvrir cette merveille architecturale située au cœur du Val de Loire, lui-même inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco !

source : Artips

 

Le Premier billet de banque

 Sait-on que le billet de banque, dans sa forme moderne, a pris naissance en 1684 sur les bords du Saint-Laurent, en Nouvelle-France, alors possession coloniale française depuis 1534 ? C’est une curieuse histoire et qui vaut d’être contée avec quelques détails.

En 1684, l’argent monnayé manquait au Canada pour payer les troupes du roi (400 hommes) lorsque, dans cette pénurie de numéraire, Jacques de Meulles, intendant de la Nouvelle-France (1682-1686), s’avisa de signer des « bons » écrits sur des cartes à jouer, et de les mettre en circulation forcée, ce qui, du reste, fut bien accueilli de la population — elle ne montait alors qu’à dix mille âmes — et ensuite approuvé par Louis XIV qui se porta garant de l’émission.

De Meulles créait ainsi le billet de banques, ni plus ni moins — comme M. Jourdain faisait de la prose, sans le savoir —, lui donnant pour base sa signature personnelle bientôt couverte par la parole du roi. Rien de pareil n’existait alors en Europe, en Asie ou en Amérique. Ce n’était plus la lettre de change ou de crédit — cette géniale invention des Lombards du XIIIesiècle — ni une traite quelconque, mais le vrai billet de banque avec toutes ses caractéristiques actuelles.

Monnaie de carte de 24 livres (1733) de la Nouvelle-France

Cette « monnaie de carte » comme on l’appelait, était constituée de cartes à jouer coupées en quatre, qui portaient, écrite à la main, l’indication de la valeur qu’on leur attribuait, avec les signatures du gouverneur et de l’intendant. Ces signes de la circulation fiduciaire n’étaient destinés qu’à une existence temporaire. Tous les ans, à l’automne, d’ordinaire en octobre, ceux qui en détenaient devaient les convertir en lettres de change sur Paris ou Rochefort, qui ressemblaient à des bons du Trésor.

Mais cette rentrée ne s’opérait jamais en totalité : les Canadiens préféraient thésauriser le papier comme ils auraient fait de l’or : on en vit même qui, par un véritable paradoxe, demandaient à échanger des lettres de change pour de la monnaie de carte. Et cependant, ces petits morceaux de carton sont devenus des raretés.

Ils constituent pour les collectionneurs des numéros introuvables. A deux reprises, la multiplication excessive du papier-monnaie aboutit à la faillite : en 1714 et en 1760. La circulation en dut être interrompue provisoirement. On la rétablit en 1729 et elle se continua jusqu’en 1760.

Certains marchands de Boston, qui avaient séjourné à Québec et qui y avaient vu fonctionner ce système, proposèrent en 1690, à la province de Massachusetts, de libérer la dette publique au moyen d’un papier monnaie semblable. Le projet fut accepté ; cependant, comme les Puritains n’avaient pas de cartes à jouer — instruments de perdition à leurs yeux — on employa de simples cartons écrits à la main, et tout le monde s’en montra satisfait, jusqu’au rachat du dernier bon, inclusivement.

C’est ainsi qu’une colonie française, au temps du Roi-Soleil, a expérimenté, pour la première fois, le billet de banque et la monnaie fiduciaire.

source La France Pittoresque

La route de la soie

Juste un clin d’oeil sur cette ville mythique de la route de la soie. C’est la partie musulmane de la Chine et bien loin de Pékin… Juste une séquence qui dure cinq minutes ; certes le film n’est pas parfait mais c’est le premier montage que je réalise et ce ne sera pas le dernier.

 

L’affaire du collier de la reine

15 août 1785 : l’affaire  du « Collier de la reine » arrestation du cardinal
de Rohan à Versailles     pour approfondirJeanne de Valois-Saint-Rémy, comtesse de la Motte

Bohmer, joaillier de la couronne, avait présenté à la reine un collier de diamants du plus beau choix, dont il demandait seize cent mille livres ; la reine n’en ayant pas voulu, le joaillier cherchait à s’en défaire dans les pays étrangers, lorsque arrive chez lui une dame, appelée la comtesse de la Motte-Valois, qui lui dit que la reine s’était ravisée, qu’elle prendrait ce collier qui serait payé à des époques fixes ; mais qu’elle exigeait que ce marché se passât dans le plus grand secret possible : en même temps elle lui présenta une prétendue lettre de la reine.

Reconstitution du Collier de la reine (château de Breteuil)

Une balade à Essoyes

Essoyes est un charmant village à peine 700 habitants dans le département de l’Aube. Région très riche en sources, Essoyes est traversé par la rivière Ource premier affluent rive droite  de la Seine.

Pourquoi  vous parler de ce village ? Avec un groupe de marcheurs, nous avons, après avoir parcouru les bois environnant,  visité Essoyes, village où

IMG_0150 Pierre Auguste Renoir avait épousé Aline, originaire de ce village. Lorsque le couple est venu passer des vacances dans la famille de la jeune femme, Auguste est véritablement tombé amoureux de ce coin de France et s’y est, en grande partie, installé. Il été très inspiré par le paysage, mais aussi par les habitants,  lui pourtant spécialiste du portrait.

Ici le lavoir qui a servi de décor à plusieurs tableaux dont  Les laveuses. Aline, son épouse fut son modèle privilégié ainsi que Gabrielle la Nounou de Jean Renoir futur cinéaste de talent mais il a aussi beaucoup fait poser les jeunes filles du village.“Je suis en train de paysanner en Champagne pour fuir les modèles coûteux de Paris…” écrit-il alors à son amie Berthe Morisot.

Ici l’endroit où le tableau a été réalisé. Rudimentaire non ?

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L’enfant est Pierre Renoir premier enfant du couple Renoir qui sera comédien.

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Lorsque Renoir aura acquis une certaine aisance financière, il achètera cette maison et fera construire, au fond d’un grand jardin, son atelier.

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encore d’autres photos mon diaporama ICI

et si vous aimez Renoir ou si vous avez  envie d’en savoir un peu plus… sa maison à Essoyes sera ouverte au public en 2017  et encore