La cour de récré – Prénom Antaon

Maîtresse Jill appelle Antaon dans la cour de récré. Etna a été absente la 11 janvier car elle était occupée à mettre le feu dans une salle de spectacle. (lol)

Prénom Antaon

Antaon était un petit garçon plein de rêves. Il aimait la lecture et surtout le dessin. Où est passé Antaon ? Oh disait sa mère ; il lit, il dessine et il rêve. Ce petit garçon était plein de rêves et inscrivaient dans un cahier avec plein de couleurs. Quand il partait en promenade avec papi ou parrain Antoon souvent il s’installait dans un coin, prenait le petit appareil photo qu’il avait reçu pour Noël et clac cliché sur les insectes, les fleurs, les arbres toute cette nature du ras de terre. Il notait ses petites remarques et hop quand il rentrait utilisait photo et inventait des textes.

Il fit des études dans les arts graphiques, entra dans une entreprise où ses croquis furent utilisés pour des tissus. Un dimanche alors qu’il fouinait dans le grenier à la recherche d’on ne sait quoi, il retrouva ses vieux carnets. Du jour au lendemain, il se mit à créer des petits personnages colorés, leur donna des noms en rimes. Son imagination fit le reste. Sous ces crayons naquirent « Mireille l’abeille » puis « Léon le bourdon » et tout un petit monde animalier qui ravirent les enfants toutes générations confondues.

Modèle d’Antoon Krings auteur de littérature de jeunesse.

La cour de récré – Prénom Khalis

Maîtresse Jill appelle Khalis à la cour de récré

Parole de Khalis la peluche

Je suis une panthère, un ours, un panda, un marsupilami, une girafe, une vache parfois une espèce de quelque chose informe et j’en ai par-dessus le dos, la casquette, le paletot, d’être trimballer de partout. J’ai la tête en bas et les pattes en l’air ou l’inverse. J’ai des noms bizarres ; les plus courants c’est Ninnin ou Doudou. Moi je m’appelle Khalis ! Khalis, je vous demande un peu si c’est politiquement correct… Là, je suis calée sur le sac à dos d’un papa, pressé de venir chercher son chérubin à la crèche ; il faut bien que je prenne l’air. J’ai l’air de me plaindre mais en fait je suis très heureuse. Quelquefois je dors dans les bras d’un tout petit et là je baigne dans mon jus. Mon bonheur : consoler les enfants malheureux. Alors là je joue pleinement mon rôle quand je ne suis pas concurrencée par une espèce vivante mais tant pis je m’en accommode et je veux bien servir d’oreiller.

En ce moment, on me trouve partout car à cette période de l’année je suis dans tous les rayons des magasins ; je suis de toutes les couleurs brillantes et propres sur moi. Je rayonne donc.

On m’essaie et on m’adopte…

La cour de récré – Prénom Anièle

Maîtresse Jill appelle Anièle à la cour de récré

La fleur sacrée

Alex étouffa un bâillement ; il lui fallait faire bonne figure auprès de son mentor, l’explorateur Luis de Vega. Cette fois il allait partir sans lui, le cœur du brave homme avait des sautes d’humeur et avait passé la main. Ce voyage ou plutôt cette expédition minutieusement préparée devait l’entrainer, lui et son équipe de scientifiques et archéologues à destination de l’Amérique latine, dans les gorges d’une rivière depuis longtemps asséchée au cœur d’une région sauvage mais qui d’après les dernières recherches, regorgeait de merveilles ; des pièces d’or et des pierres précieuses probablement des émeraudes de très belles eaux. Seulement en contrepartie il devait emmener la petite fille de son maître, Anièle, pimbêche qui avait le don de l’énerver. Il l’avait rencontré alors qu’elle n’était qu’adolescente ; le souvenir n’était pas très heureux… Alors dix ans après, c’est les mains crispées qu’il avait salué une jeune femme à l’aspect fragile. Et puis que voulait –elle faire dans cette vallée insolite et presque vierge !  Pourtant, elle se fit très discrète et plus elle était discrète plus il recherchait sa compagnie. Alex, le célibataire endurci était sous le charme de Anièle au doux nom. Elle passait son temps à examiner des images de fleurs qu’elle découpait, recollait, organisait en puzzle tout en fredonnant souvent la chanson de Laurent Voulzy « le pouvoir des fleurs ».  Ses recherches étaient secrètes. Elle était chargée par l’académie de biologie de découvrir la fleur sacrée d’Amazonie. La nouveauté qui serait présentée au grand salon des fleurs rares.

La cour de récré – Prénom Léno

Maîtresse Jill appelle Léno à la cour de récré pour cette reprise.

Une histoire bien connue

Quand Léno arriva chez Lino son voisin, il était épuisé. La bise était venue et il s’était retrouvé les six pattes en l’air mourant de faim est de froid.

Vous l’avez compris, Léno est une cigale et Lino est une fourmi. Malgré le féminin de leur genre ; ce sont des mâles. Quoi de plus terrible qu’un combat de coqs quand l’un détient la bouffe et que l’autre crève la dalle.

  • Ah mais te voilà, salle bête, tu as faim, mange ta main et garde l’autre pour demain
  • Mais je n’en ai pas et puis tu as bien un grain de millet qui traine dans tes placards.

Sache que chez moi rien ne traine et puis en plus tu es exigent : du millet, du millet et pourquoi pas du caviar.

  • Oh s’il te plait, ne me laisse pas dans le besoin, je te rembourserai tout comme la banque ton intérêt est capital !
  • Mais dis-moi, tu faisais quoi cet été quand je trimais sous la chaleur ?
  • Et bien tu le sais depuis que je te bassine avec mes chants.
  • Oui bien sûr et tu batifolais avec les dames et les demoiselles. Je me demande même si tu ne jouais pas au chippendale. Et bien maintenant va te faire voir ailleurs.

La cour de récré – Prénom Clorinthe

Maîtresse Jill appelle Clorinthe à la cour de récré pour cette reprise.

La différence

Clorinthe était assise près de Nounou. Elle passait tout son temps près d’elle. Nounou était la seule qui lui souriait, lui parlait ou fredonnait des petites mélodies et Clorinthe aimait cette voix douce qui la berçait. Elle fermait ses paupières lisses et se laissait emporter loin, loin, très loin,  dans un monde où Maman la prendrait par la main et murmurerait des mots tendres. Elle implorait le ciel pour qu’un jour enfin, Maman la verrait.

Clorinthe était une jolie petite fille avec des belles boucles brunes ; une petite mèche rebelle tombait élégamment sur son front haut son teint blanc faisait ressortir des yeux d’un vert gris très doux bordés d’une frange de cils étonnamment longs.  Sa bouche toute petite rosée éclairait un visage souriant. Mais Clorinthe n’était pas comme toutes les petites filles de huit ans. Clorinthe était autiste. Cette différence avait provoqué chez Papa un rejet irrémédiable et Maman avait sombré dans une dépression qui l’éloignait de la vie, de l’amour et de Clorinthe. On lui avait bien expliqué que sa fille pourrait lui donner autant de joie et de bonheur que Louise ou Josette ses deux sœurs ; rien n’y faisait. Elle assumait les frais et elle payait généreusement Nounou qui adorait la petite fille. La souffrance n’en était pas moins violente dans le cœur de Clorinthe. Ce matin, la petite fille est heureuse, elle a réussi à tenir une aiguille et à faire quelques points de broderie. Le résultat est prometteur et Nounou essuie une larme qui perle au bord de ses paupières.

Toile de JAMES CARROLL BECKWITH

La cour de récré – Prénom Madec

Maîtresse Jill appelle Madec à la cour de récré pour cette reprise.

Une vie bien remplie

Madec ne claque pas du bec. Normal, il est moine et chacun sait que les moines savent déployer des trésors d’ingénuité quand il s’agit de se remplir la panse. Après avoir créé les camemberts des bons moines, Madec partit pour l’Irlande puis le pays de Galles ou il fonda une superbe abbaye. Là il éleva des chèvres et des fennecs, cultiva des pastèques, ouvrit une boutique de bonbecs au miel et avec d’autres mecs se mit à brasser de l’air  de la bière mais ce fut un échec. Il repartit alors en Flandres où il fut nommé évêque et son ami Gwennec il confectionna les cupcakes. Il mourut un 4 janvier et fut canonisé.

La cour de récré – Prénom Dauphine

Maîtresse Jill appelle Dauphine à la cour de récré pour cette reprise.

La vie des supermarchés

On l’appelait Delphine, mais son vrai prénom c’était Dauphine. Elle avait décidé de changer quand les superbes voitures étaient apparues sur le marché dans la bonne marque française. Mais ce n’est pas le propos de mon histoire. Dauphine au Delphine est une dame âgée et vénérable citoyenne. Son plaisir : aller dans les supermarchés de son quartier et s’y balader comme dans un parc d’attraction. Elle repère les promos, le changement de rayons, avise le personnel que leur tenue n’est pas conforme etc. elle vit une vie tranquille et bien sûr, elle fait ses courses de-ci de-là, cahin-caha comme nous serine parfois une chanson qu’elle aime entendre à la TSF ; un paquet de biscuits chez l’un, une tablette de chocolat chez l’autre.

Un jour pourtant, tout tourne mal. Dauphine vient de payer sa tablette de chocolat au lait noisettes entières quand, alors qu’elle a encore le ticket en main, le responsable du rayon alcool surgit et lui demande d’ouvrir son sac. Catastrophas, une bouteille de vodka git au fond du cabas. Dauphine tombe des nues, jamais elle n’a bu une goutte d’alcool. Discussion, mots doux et voilà notre mamie vodka expulsée avec fracas du magasin enfin pas trop de fracas car le gérant du rayon n’est pas très à l’aise et puis le directeur aime bien Dauphine.

C’est trois jours après que Dauphine revient entourée de deux policiers. Le directeur avait constaté depuis quelques temps que des larcins avait lieu dans son magasin, des marchandises prenaient le large sans passer par la case caisse. Il avait des soupçons bien sûr. Il avait bien porté plainte mais la police l’a envoyé voir si les choux étaient frais ; « on n’a pas le temps mon vieux, » lui avait-on dit ! Dauphine avait remarqué aussi les anomalies et en accord avec le directeur, elle observait. Chut disait-elle mission secrète.

Ce que l’on ignorait c’est que les deux petits-fils de Dauphine était respectivement commandant et capitaine de police. Ils eurent tôt fait de confondre le responsables du rayon qui fut aussitôt licencié. Moralité il ne faut pas s’en prendre au vieille dame même si elle s’appelle Dauphine.

Le goût des autres – devoir 139 –

Chez Lakévio

Je n’ai pu participer la semaine dernière, partie dans des contrées grecques.

Que cette toile de Emile Friant vous a-t-elle inspiré ?
Ce qui serait vraiment bien, c’est que vous commenciez votre explication par :
« J’arrive tout couvert encore de rosée »
Et que vous la finissiez par :
« Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches. »

Le colibri et le chapeau

J’arrive tout couvert de rosée. Je suis le petit colibri, vous savez celui qui vole toujours et ne se pose pratiquement jamais. J’ai oui dire par une amie qui butine pour fabriquer un miel doré que dans le salon de Madame, il y avait un nectar sublissime. Mais la déesse Flore que c’est vrai ! Et Madame me sourit ! Je ne suis pas vraiment habitué à ce genre de fleurs mais j’avoue que les pivoines embaument et m’attirent comme un aimant. Si la saveur est égale au parfum, je vais être le roi du chapeau. Mais je rêve, des fleurs de pommiers, mes préférées. Regardez comme le rose délicat qui borde les pétales est accueillant. Madame a eu aussi le bon goût de mettre un ruban rouge ; rouge comme le feu, comme le sang, comme le rubis ! Je virevolte au milieu de ce bouquet ! Je me régale, je me délecte, je meurs de bonheur !

Mais soudain, quoi, un cataclysme, un tsunami ! madame ? madame votre chapeau est trop beau, ne l’enlevez pas !Ne le déchirez pas avec vos deux mains  blanches !

Le goût des autres – devoir 137 –

Chez Lakévio

Ce monsieur, peint par Jackie Knott semble…
Semble quoi ?
Il est d’un sérieux papal, soit.
Mais encore ?
J’espère qu’on en saura plus lundi, grâce à nos efforts communs pour lire sa pensée.

Chapeau mou en noir feutre sur son crâne chauve, chemise blanche impeccable, costume strict sous un imperméable classique, Monsieur Lucien est assis sur ce banc. Cela fait une semaine qu’il vient tous les jours à la même heure. Que lit-il ? Que cherche –t-il dans cette feuille de chou  ? Les offres d’emploi ? Certainement pas ; du boulot il en a un et pas des moindre. On ne lâche pas la proie pour l’ombre. Alors il recherche un nouveau modèle de voiture, un nouveau chien, une armoire normande ? Ah j’y suis, il regarde les petites annonces coquines ?  Rien de tout cela ! Ne voyez-vous pas que ses lunettes légèrement fumées lui cache un peu les yeux ; Monsieur Lucien ne lit pas. Monsieur Lucien observe mine de rien l’entrée de l’hôtel d’en face. Monsieur Lucien est détective privé, il est en mission… Il vous intéresse, désolée je n’ai pas son 06…

La Licorne – jeu 80 – livret de famille

Filigrane – Atelier d’écriture pour le mois de septembre –

Livret de famille

  • Dis maman, pourquoi mon ti-cheurt n’est pas comme le tien ?
  • C’est comme cela mon enfant, les parents rayés et les enfants à carreaux
  • Pour que je me tienne à carreaux ? Oui je comprends bien mais on vit dans un monde rayé. Regarde même les cabines de bains sont rayées la dame est rayée et le sol est rayé aussi. D’ailleurs pourquoi elles sont grises les lattes. On pourrait bien les peindre en rouge bleue ou jaune. Mais ici tout est gris, le photographe s’est trompé de pellicule, il a oublié sa pellicule couleur.
  • Oh mon chéri c’est une histoire de famille, cesse de poser des questions !
  • Famille, quelle famille ! Dis maman si je me contorsionne, comme la grenouille qui voulait être comme le bœuf, tu sais celle qui est racontés dans le livret que l’école nous a prêté, tu crois que mon ti-cheurt sera aussi rayé que mon oreiller !
  • Essaie toujours !

Et voilà le mioche qui se tortille comme un ver, qui saute, se roule, s’étire, se plie se tourne et se retourne puis il demande :

  • Alors j’ai des rayures en long en large ou encore des carreaux ?
  • Ben des carreaux !

Alors il recommence la même gymnastique, souffle, transpire, vire en apnée, mais rien n’y fit. La mère se mit à rire.

  • Il en manque encore beaucoup avant que tu sois rayé !

Le gamin nerveux lâcha la main de sa mère et partit en courant vers la mer, sauta à pieds joints dedans. Son ti-cheurt était toujours à carreaux mais mouillé.