les coins de Lilou

l'écriture est la seule forme parfaite du temps. Le Cléziot


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Les Croqueurs de môts 176 – Au théâtre

Le Capitaine de notre coquille de noix fait sa Commandante et nous demande un machin, un truc, une histoire qui fait rire alors je vous propose : 

Pour les ceusses qui ont envie d’yaler au thiâtre pour Nôyel !

les croqueurs

 

Ah ben mes fenots et mes fenottes, je vas vous espliquer la toute première fois ousque je suis été au thiâtre. Enfin pas la toute première car avec les z’amateurs et z’amateuses du saint Georges, j’avais suivi les copains. On jouait à l’époque Napolion, l’empire et les Cent jours. On voyait le M’sieur Napolion, Madame Napolion, le général Bartrand et toute la clique ! mais c’était pas eusses, c’était sensément eusses tout en étant pas eusses… Madame Napolion, c’était la grande dévideuse de la rue de la Grand’Côte que faisait le rôle. Ah la mâtine, elle imitait bien et elle avait bonne façon ; elle se guignait à droite, elle se guignait à gauche ! non non trop drôle !

Mais breffons là, ma catolle, concierge rue des Trois Maries, y voulait courir au thiâtre mais au grand thiâtre là ousqu’on joue de la musique et ousqu’on chante… J’ai laissé donc mon tablier de gnaffre et elle a fermé sa loge pour aller guigner une belle pièce au grosopéras… enfin qu’y soye gros ou menu, ça m’est bien égal autant que mon premier caneçon. Y était en vogue c’te pièce, une italienne pas une pièce de taffetas ou de velours rouge, non  non du Reverdi c’est tout nouveau sauf que des Reverdi y en plein à Lyon à Saint Jean… Y quèque temps y ont joué la Dentition de Faust. Ho là là des charlatans ceusses qu’on inventé ça.. Mais ya pire ! La Salomé, un gourgandine que mets sont gros cannant dans la fose d’aisance et pis que va danser le caquevaque avec des serpillière autour su ventre… En voilà de drôles… cela vaut pas les pièces d’autrefois… La nouveauté, ci bas, le Trou ouvert, que ce soit le trou ouvert ou le trou fermé, je m’en bats l’œil.

Revenons à mes moutons, quand on peut pas avoir des bonnes places réservées vaut mieux y aller et faire le pied de grue… On attend et on reste pique-plante ! Quand on est las sus une piotte, on se met sus l’autre on se tient sur les deussses ou bien à cacaboson

Je commençais à avoir faim, rien dans la bredouille depuis plusieurs heures. Manquait plus qu’il tombe une singotte et onsque serait tout bassouillé. Heureusemnet ma fenotte était bien précautionneuse, elle avait bourré le panier à deux couvêcles ; du gigot z’à l’ail, des rondelles de Jésus, un restant de haricots salade et du tommeux fort avec un tasse de grattons et un beau hareng sauret. De quoi se benouiller les boyaux et se rincer le corniaulon… par égard pour les sensibles, je ne vous donnerai pas la recette du jus de coco mais elle en avait ben fait deux litres, pis un coup de Beaujolais. Comme je ne voyais qu’un bout de guichet et point de porte, je me demandais bien comment ma colombe allait passer avec ses cotillons et le panier ! Finalement on me dit ousqu’il fallait prendre les billets. On voulait que je prenne un billet de  parterre mais non merci ;  j’en avais  déjà pris un hier en descendant la Grand’Côte , je m’étais fait peter le temple sus la cavette et pis, que même le coquard était tout bleu et noir. Alors l’employé a dit : là haut au poulaiyer ! pas confiance ! je me disais ousqu’on va nous fourrer ! on tiendra jamais là ousqu’on mène coucher les poules !!! ma fenotte ne teindra pas sur un perchoir, elle debaroulera surtout qu’avec ses galoches, elle tient pas sur ses guibolles.

Ah mes aieux, on était assis sus des grands degrés sus le bout des pieds de ceusses que sont derrière vous ; Alorsse quand y z’ont besoin de remuer les z’arpions, ça vous grabotte.

Enfin, on voit toute la salle. Et c’est bien, par devant la scène pis tout l’orchestre. Mais les musiciens sortent par des trous dans le plancher comme des petits rats. Et là j’ai jamais vu tant d’instruments… j’ai vu un grand placard avec un menuzier caché derrière pour le faire marcher puis les plus petits qu’on essayait de scier sans y parvenir ; d’autres qu’on avale et qu’on recrache à vous désampiller les boyaux ! ah àa ramone la gargotte ce machin là.. Mais le mieux c’est un pique en peigne ; on le graffigne tout le temps ; il parait que ça s’appelle une arpe parce  qu’on le fait marcher avec les arpions. Tous ensemble ça cigrolle !

Vous pensez bien que j’ai rien compris à la pièce ! Les grosopéras  ousqu’on chante sans cesse on comprend rien à ce qui disent. Heureusement, il y a de arrêtes.. Des anthraxes… c’est là le plus drôle. Avec la fenotte on en a profité pour casser la croûte. Mais quand elle a les séchoirs sa tartine de fromage fort et gras, sur le crâne chauve d’un bonhomme en costume de pingouin, on ne se tenait plus les côtelettes ni l’ambuni . Surtout que plus y voulait frotter plus y étalait et plus le parfum se répandait ! y avait beau se licher les doigts rien à faire !

Ah mes aïeux, si vous allez au thiâtre, allez au poulaiyer, c’est le meilleur coin pas pour vos darniers mais pour s’éboyer !

Et pour les ceusses qui ont du mal à comprendre le patois lyonnais un glossaire :

Ambuni           nombril, ventre, estomac

Bassouiller      être mouillé

Bassouiller      jouer avec de l’eau

Benouiller       se mouiller avec de l’eau sale

Bredouille       ventre, bedaine 

Cacabozon      accroupi

Caneçon          caleçon

Catolle            Bigote  ou personne lente, un peu niaise.   

Cigroller         secouer violemment

Corniaulon      œsophage

Darnier           les fesses ou le derrière

Débarouler     tomber en rouant

Désampiller    déchirer

Dévideuse       métier de tissage

Fenotte           femme aimable

Gnaffre           tablier de savetier

Graffigner       égratigner

Guigner           remuer, bouger

Piotte              jambe

Pique en peigne terme de canuts

S’éboyer          rire

Singotte          averse


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Défi 174 – Croqueurs de môts

Oyez oyez la triste histoire :

logo croqueurs de mots

Sur les bords de la mare de Trifouilly les dindons la cane de Jeanne fait des galipettes  et des cabrioles dans l’eau trouble qui ne reflète pas les flèches de l’église toute proche.

Et pourquoi est –elle si heureuse : parce que ce matin, elle dispose de toute la flaque pour elle toute seule. A l’heure où Jeanne joue au jeu de l’oie avec  Jules, propriétaire  cet hypocrite de cette bestiole grise, qui gagne toujours parce que dit-il le jeu s’appelle jeu de l’oie et non jeu de la cane… La cane de Jeanne est persuadée qu’il triche avec Dédé non les dés.

Mais revenons à nos moutons, le pauvre Jules soupire d’un aire bizarre. Manifestement il cherche quelque chose, un truc qu’il a perdu. Il fit le tour de l’Eglise là où parfois, il retrouve son bien. Mais son bien c’est quoi .  Pourquoi se met-il la rate au court-bouillon. Ben c’est son oie ma foi, son oie perfide !

Pour l’instant, il dit d’un air grave qui marque son profond chagrin : « on m’a volé mon oie, on m’a volé mon oie !  Quel sale galopin m’a volé !

Un passant qui passait, prit Jules en pitié. Un passant pas ordinaire, un genre d’énergumène qui parlait  rapidement en avalant  la moitié des mots et crachant l’autre moitié tout en ménageant des pause afin de juger de l’effet provoqué.

          «  Dis moi comment qu’elle est ton oie mon poulet !

          Elle est  fort bien mise, portait une robe grise comme une chemise avec des plumes derrière

          Par ma foi, mon poulet, c’est bien elle que j’ai vu

          Et tu l’as vu mais où mais où ?

          Tu veux que je te le dise où je l’ai vu ?  et bien je vais te le dire ;  elle était à l’hôtel des trois Canards,  plumée comme un dindon, avec force navets et marrons.

Jules se mit à pleurer plus fort le cœur gros comme un œuf… Ah quelle pitié de voir ce pauvre homme.  Certains  pensent qu’il est même veuf ! Il va se ronger le foie ! Sur les bords de la mare, alors qu’il  prend le frais et joue sur sa guitare des airs de sa composition comme « « Guerre,  guerre aux  navets ou encore Canette je te plumerai »

Mais ce soir n’y tenant plus, Jeanne et sa cane s’écrie :

Oh  Julot, tu vas pas nous pondre une pendule avec ton oie, elle était bien vieille ton oie, elle n’oyait plus rien, sifflait faux et cacardait comme une pintade.

Puis malicieuse, elle glisse : « viens faire une partie de jeu de l’oie et si tu fais le bon chiffre, tu retrouveras ben une jeunette…

 

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Défi 174 – les croqueurs de môts

logo croqueurs de mots

Maintenant que vous êtes sorti de votre cachette, vous n’allez pas hésiter à nous raconter une belle histoire qui va mettre en scène :

trois personnages :

  • Jules,
  • Jeanne et son éternelle cane
  • Un personnage de petite taille qui semble assez agité

Un lieu : une mare près de l’église

Un objet : une pendule

 

À 8h   lundi 21 novembre 2016, vous posterez vos textes  ici

 

Et pour parfaire ce défi votre choisirez vos poésies pour le 17 et 24 novembre  que vous posterez  


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Les croqueurs de môts – défi 171

Oyez les matelots de notre belle coquille

logo croqueurs de mots

Je vous propose de vous inspirer de cette mosaïque composée essentiellement de photos personnelles et de quelques unes empruntées à mes Aminautes et l’ami Google

 

mosaique-defi-du-3-octobre

Vous pouvez utiliser les images comme un escargot, comme un chemin, comme une marelle. Vous pouvez vous laisser porter par les couleurs, par les odeurs que les images et pourquoi pas une musique,  convoquent.

Vous posterez votre texte pour le lundi 10 octobre 2016 à 8 h

vous aimez la poésie alors offrez-nous ceux que vous préférez

jeudi 06   et jeudi 13 octobre 2016

d’ici là portez vous bien.

 


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Les croqueurs de môts – 170

Défi de Martine quai des rimes 

Pour fabriquer un sportif

 

Prenez un maillot, manches longues pour l’hiver et manches courtes pour l’été ou éventuellement un marcel, et  un short de bonne qualité (un bermuda peut-être envisagé).

Vous ajouterez des couleurs selon votre choix mais le bleu , le blanc et le rouge sont recommandées dans les proportions qui vous conviendront le mieux.

Vous éviterez une quatrième couleur qui pourrait faire quatre tiers comme chez Pagnol où  la grandeur des tiers  est importante.

Vous aurez le choix des chaussettes, de la paire de baskets et de la casquette.

Faire macérer le tout avec grand soin ; c’est là que résident  difficulté et délicatesse de la recette. 

Pour faire un sportif approximatif il faut environ un jour à un mois et votre sportif sera prêt pour quelques exercices qui risquent très vite de le lasser.  

Pour faire un sportif moyen une macération régulière est recommandée sous peine de prendre du poids et de perdre tous les bienfaits. 

Pour faire un bon sportif, la macération est plus longue ;  un an environ et par la suite le rythme étant pris il suffira de rajouter un petit écusson sur le maillot pour entretenir la forme. 

Pour faire un sportif de haut niveau il faut des entraînements longs,  réguliers  et fréquents.

Ajouter une grosse pincée de courage, une cuillère de poudre de perlinpinpin  et une dose de vitamines aussi diverses que variées.

Prévoir de la niaque en pain de dix kilos et de l’huile coude en perfusion. surtout ne pas mettre de bus à leur disposition…. 

 

Prendre ensuite  des supporters et les premiers supporter sont les parents,  premiers soutiens de leur chérubins qui tapent dans les balles,

qui crient au bord des tatamis, qui courent jusqu’à épuisement, qui nagent des longueurs de bassins ;

en somme qui « sportivent » tous les week-end, et cependant ce n’est pas suffisant !  

Pour  faire un supporter de base pas d’imprégnation préalable mais il faudra prévoir un bon canapé solide

pour recevoir les fesses des futurs occupants qui danseront à chaque moment important…

Ne pas négliger quelques « grignoteries » à portée de main et la canette de bière. 

Pour faire un supporter de très grande qualité certains accessoires seront indispensables 

une corne dernier cri, genre vuvuzéla, une perruque frisée et colorée, une écharpe (attention le vert n’est plus à la mode),

une palette de maquillage et des pastilles pour la gorge.

Mais surtout pour faire un sportif digne de ce nom, ne pas oublier le pognon !

Trouver des pépettes, des  contrats publicitaires, les glorieux gladiateurs n’ont pas  un radis pour  s’acheter un  maillot, des pompes, des crampons etc.,  

des billets, du flouze, de la thune, de l’oseille, de la fraîche, du pèze, du blé, du fric, des cailloux, des ronds, des tintins piquer dans la poche des supporters précédemment décrits.

C’est le nerf du sport, c’est  l’indispensable pour que les sportifs de très haut niveau

daignent taper dans un ballon, prendre une raquette  de tennis, chausser des baskets ou enfiler un maillot de compétition.

Vous aurez un sportif accompli !