Balzac casseur de vitres

Au début de l’année 1880, tout Paris fut occupé du vol étrange commis au Palais-Royal, au préjudice du bijoutier Fontana

Il avait été perpétré par un audacieux filou qui, en plein jour, s’était emparé d’une rivière de diamants en cassant la vitre derrière laquelle elle était exposée.

Le journal le Sport profita de l’occasion pour rappeler que dans ce même PalaHonoré de Balzacis-Royal, Balzac en fit autant un jour, non pour s’approprier le bien d’autrui, mais pour saisir une contrefaçon d’un de ses ouvrages qu’il venait d’apercevoir à la vitrine d’un libraire. Naturellement une discussion s’ensuivit, à la suite de laquelle on alla chercher le commissaire de police.

Devant lui, Balzac, sans se nommer d’abord, expliqua que ce n’était pas par maladresse, mais avec intention qu’il avait cassé la vitre, dont il remit immédiatement le prix au libraire ; puis il compléta ainsi ses explications :

« Voici un livre, c’est un roman de Balzac que M. Werdet seul a le droit d’imprimer. Lisez sur la couverture, et, au lieu de son nom, vous trouverez Méline, éditeur. Ce M. Méline est un libraire de Bruxelles qui ne contribue pas peu à ruiner le commerce français, un des gros bonnets de la contrefaçon. Monsieur, auquel j’ai cassé un carreau, en vendant des contrefaçons belges, est donc en contravention, et c’est une affaire dont les tribunaux auront à décider. Seulement, il était indispensable d’avoir les pièces du procès, et c’est pour cela que j’ai pris la liberté de vous envoyer chercher. Je suis M. de Balzac. »

Sur ce, il se retira tranquillement, laissant le libraire ébahi aux mains du commissaire de police, qui n’avait plus qu’à pratiquer sa saisie.

 

« La main dans le sac ! »

Où l’on fait la connaissance d’un roi qui fait le ménage.

Gilles Berthelot est un homme riche. Vers 1510, sa charge de trésorier de France lui donne les moyens de concrétiser son désir de prestige. Le voilà qui achète un château sur les bords de l’Indre ! Mais la forteresse en question, Azay-le-Rideau, est un peu trop médiévale à son goût. Il va la transformer radicalement…

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Château d’Azay-le-Rideau, photo : © Léonard de Serres / Centre des monuments nationaux

Finis les épais remparts défensifs, place à ce qui se fait de plus raffiné ! En pleine Renaissance, la mode est à l’architecture italienne, avec des façades décorées et percées de grandes fenêtres.
Pour mettre son château au goût du jour, Berthelot ne lésine pas sur les dépenses. À la place des escaliers en colimaçon du Moyen Âge, il fait construire un majestueux escalier droit, l’un des premiers exemples français à nous être parvenu.

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Sauf que le plan du bâtiment, en « L », peut surprendre quand on connaît la passion de la Renaissance pour la symétrie. Comme beaucoup de châteaux renaissants, il aurait dû avoir une aile en plus pour former un plan en « U ». L’explication derrière cette aile manquante serait politique…

 

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Vue aérienne du château d’Azay-le-Rideau, photo : © DR

En 1527, le roi François Ier fait un grand ménage parmi ses financiers. Effectivement, certains d’entre eux n’ont pas seulement rempli les caisses de l’État : ils ont également garni leurs poches au passage. Condamné, Berthelot est déchu de ses fonctions. Il s’enfuit, laissant en plan son épouse et le chantier de son château inachevé !

Au fil des siècles, les propriétaires successifs ne toucheront plus au plan en « L ». Aujourd’hui, Azay-le-Rideau est considéré comme un joyau de l’architecture Renaissance !

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Anonyme, Portrait de François Ier, XVIe siècle, huile sur toile, Château d’Azay-le-Rideau, photo : © Patrick Müller / Centre des monuments nationaux

Pour en savoir plus :

Un « diamant taillé à facettes, serti par l’Indre… » Voilà comment, au XIXe siècle, l’écrivain Balzac émerveillé évoquait le château d’Azay-le-Rideau.

Aujourd’hui, ce château digne d’un conte de fées sort d’un vaste chantier de restauration  orchestré par le Centre des monuments nationaux. Depuis le 7 juillet, le public peut ainsi redécouvrir cette merveille architecturale située au cœur du Val de Loire, lui-même inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco !

source : Artips

 

Une balade à Essoyes

Essoyes est un charmant village à peine 700 habitants dans le département de l’Aube. Région très riche en sources, Essoyes est traversé par la rivière Ource premier affluent rive droite  de la Seine.

Pourquoi  vous parler de ce village ? Avec un groupe de marcheurs, nous avons, après avoir parcouru les bois environnant,  visité Essoyes, village où

IMG_0150 Pierre Auguste Renoir avait épousé Aline, originaire de ce village. Lorsque le couple est venu passer des vacances dans la famille de la jeune femme, Auguste est véritablement tombé amoureux de ce coin de France et s’y est, en grande partie, installé. Il été très inspiré par le paysage, mais aussi par les habitants,  lui pourtant spécialiste du portrait.

Ici le lavoir qui a servi de décor à plusieurs tableaux dont  Les laveuses. Aline, son épouse fut son modèle privilégié ainsi que Gabrielle la Nounou de Jean Renoir futur cinéaste de talent mais il a aussi beaucoup fait poser les jeunes filles du village.“Je suis en train de paysanner en Champagne pour fuir les modèles coûteux de Paris…” écrit-il alors à son amie Berthe Morisot.

Ici l’endroit où le tableau a été réalisé. Rudimentaire non ?

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L’enfant est Pierre Renoir premier enfant du couple Renoir qui sera comédien.

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Lorsque Renoir aura acquis une certaine aisance financière, il achètera cette maison et fera construire, au fond d’un grand jardin, son atelier.

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encore d’autres photos mon diaporama ICI

et si vous aimez Renoir ou si vous avez  envie d’en savoir un peu plus… sa maison à Essoyes sera ouverte au public en 2017  et encore