Les plumes d’Emilie – 27/03 – Bulle


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Derrière la fenêtre, elle faisait des bulles de savon.

Elle était appuyée contre le chambranle de la porte fenêtre. L’air était léger, le printemps était bien installé et quelques cris d’oiseaux qui prenaient leur envol déchiraient le ciel ; elle faisait des bulles de savon. Elle suivait des yeux ces boules de toutes tailles qui éclataient dans les rayons du soleil.

Elle ne pensait plus au présent. Elle revenait à ce temps où, insouciante, elle buvait du champagne jusqu’à être ivre d’alcool, de bonheur. Nicolas était là ; le sentiment que rien ne pouvait lui arriver. Elle était en sécurité .  La maison était celle de ses rêves de petite fille – escalier intérieur en pierre dure et blanche à double rambarde qui à demi étage s’ouvrait en deux parties. Il menait à cette immense galerie où trônait la collection d’armures moyen âge de Nicolas, la seule concession qu’elle avait faite. Cette galerie desservait les chambres. Il y en avait huit. C’était son chiffre préféré. Nicolas avait respecté ses choix ses envies et toléré ses caprices.  Ah !  Que cette demeure était belle, et quelle réussite pour cette petite fille de lingère qui, pendant que celle-ci lessivait dans des baquets en zinc recouvert de mousse, repassait et bouillonnait des pièces de luxe des aristocrates de pacotille, elle faisait des bulles de savon. Elle était en sécurité rien ne lui arriverait.

Comme si une pointe d’aiguille, l’avait frappée, la bulle irisée explosa. Elle resta longtemps à regarder les gouttelettes qui dansaient au soleil. Elle fit encore une dernière bulle énorme puis tourna le dos à cette fenêtre, à cette enfance, à ces rêves et reprit sa plume pour écrire la biographie de Nicolas qui lui tenait tant à cœur.

Le titre : Elle faisait des bulles de savon

D'où viennent les couleurs sur une bulle de savon ? - Le Hollandais Volant

7 réflexions sur “Les plumes d’Emilie – 27/03 – Bulle

  1. Ton histoire me remet en mémoire ces moments pleins de rires avec mes enfants, puis mon petit-fils. Et ce savon qui coulait sur leurs doigts avant d’atterrir sur le sol pour mieux imprimer nos pas. Quand ce n’était pas le flacon tout entier qui se vidait lors de certaines manipulations maladroites et là, il y avait des larmes ! 😀 Merci Lilou de ce rappel.

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