La mort s'habille en crinoline


Jean Christophe Duchon-Doris

Rien que le mot crinoline place le récit sous le second empire. Et quel personnage porte la crinoline à tout le mieux ? La Castiglione, maîtresse et espionne de Napoléon III.
Fin janvier 1856 : Dans l’atelier de Madame Roger, coutière en vogue, les petites mains s’affairent. La comtesse Virginia de Castiglione vient de passer une commande et pas n’importe laquelle : une robe dont la crinoline fait huit mètres de circonférence, la jupe en gaze de Chine « bleu de ciel léger » à deux tuniques garnies chacune de trois volants au point d’Angleterre (dentelle au fuseau) duveté en marabout bleu. On ne saurait oublier un collier d’opale et turquoise. Une commande somptueuse pour une toilette qu’elle portera au bal des Tuileries et sera pour l’occasion présentée à l’Empereur et l’Impératrice. On ne risque pas d’oublier cette toilette tant elle est présente du début à la fin du roman.
Sept années plus tard, une série de meurtres dans la capitale reste non élucidée. Un jeune beau et célibataire policier Dragan Vladeski dont les origines sont un peu troubles, qui se fait appeler « Prince de » avec des amis haut placés, chargé de l’enquête, retire un soir le cadavre d’une jeune femme. Elle ressemble à la Castiglione et d’ailleurs elle porte cette fabuleuse robe. Seulement voilà, Virginia de Castiglione est chez elle… Alors quid de la jeune femme ? Pourquoi la robe, pourquoi la ressemblance et quel lien avec les autres meurtres.

Nous voilà emportés dans un bouillonnement de tissu, de dentelles, de plumes à nous donner le tournis avec des descriptions précises (un peu de longueur quand même). Nous ferons connaissance avec le couturier Worth et les débuts du mannequinat. L’avènement de la photographie nous fait rencontrer les premiers experts tel Pierson, photographe attiré de l’empereur et laisse entrevoir les dérives avec des clichés que l’on passe sous le manteau. Les fêtes nombreuses à cette époque tournent souvent au jeu de rôles assez troublant.
Une histoire d’amour romanesque et romantique dans un Paris où les soirées sont autant guindées que libertines avec en toile de fond les gigantesques travaux du baron Haussmann.

La plume est agile et légère. Sans conteste, l’auteur connait très bien cette période de frivolité et de pauvreté et nous immerge dans un Paris en pleine renaissance alors que Napoléon III règne en maître.

J’ai aimé… A lire sans modération sous un tilleul à l’ombre sans se mettre les neurones à l’envers.

Paru chez Julliard en 2014

thrillerpolar-pativore2

4 réflexions sur “La mort s'habille en crinoline

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