Séquence souvenir- la grande boucle


Le blog est en somnolence pendant ces superbes vacances où le temps et la chaleur sont de la partie ; mais il ne faut pas trop s’endormir car le réveil sera difficile…

A l’heure où le Grande Boucle va bientôt fêter sa 100ème on a tous quelque chose qui nous rappelle un tout de France : les congés payés, les paysages, les passage de la caravane, le papy qui fait la sieste au son des commentaires.

Vous pouvez aussi choisir de nous raconter une histoire particulière, à condition bine sûr que le décor soit exclusivement le tour de France.

En ces temps-là, les vacances n’étaient pas comme les autres… Pendant quelques années, nous allions en colonies de vacances, où chaque équipe de gamins s’identifiait par un slogan ;  je me souviens que celle de mon frère était «  Bahamontès le meilleur des grimpeurs », mais j’ignorais encore qui était ce monsieur dont on parlait tant ! Par la suite, grâce ou à cause d’une grave maladie, plus question de colonie ce fut donc chez Mamie et Parrain. Là je me souviens avoir jouer avec les copains du coin à descendre la pente très raide du champs de foire du village,  pour imiter Anquetil,  et je me souviens aussi de la chute mémorable en forme de vol plané retourné que j’ai faite en voulant battre le record de vitesse à vélo tout comme ces grands cyclistes. C’était la première fois que j’entendis parler du Tour de France. Quelques années plus tard, guérie de ma témérité, je végétais dans le jardin. Mes parents avaient acquis un bout de terrain, plus la peine l’aller chez les grands parents, mon père avait construit une cabane qu’il appelait pompeusement le « chalet » et nous y passions les vacances d’été sous la surveillance alternée des parents et de la mémée.

Mais que les après-midis pouvaient être longs. Mon frère lui était systématiquement embauché par mon père pour bricoler mais moi après avoir fait le ménage, lessive et repas, tout ce qui fait une bonne ménagère, même à quatorze ans,  je me retrouvais avec quelques travaux d’aiguilles inutiles.

Mais en juillet 1964, tout a changé…. La mémée décidée à ne pas se priver de sa radio préférée avait fait l’acquisition d’un radio transistor. Elle accepta de me le prêter. C’était un genre de modèle réduit qui tenait dans une poche. Et je me souviens…

Allongée sur une couverture dans l’herbe, j’écoutais Richard Anthony et son train qui n’ en finissait pas de siffler,  Sheila qui hurlait que l’école était finie… Et puis d’autres encore qui susurrait « Ballade à Sylvie » et Johnny… Mais quel rapport avec le Tour de France. ? J’y viens. Cette année là, je décidais de me rebeller au lieu de rester sur ma couverture ! Cette année-là, profitait de la sieste de mon père, je fis un paquet de ma couverture et avec mon précieux transistor, je partis à la plage sous l’œil d’abord inquiet de mon frère puis beinveillant…Mais la plage c’était quoi au juste ? Un coin de Saône que les vieux du village savaient peu profond et pas trop dangereux entre les joncs et les herbes sauvages. L’eau était souvent fraîche et d’une propreté douteuse mais qu’importe, quand on aime on ne compte pas. Le trajet prenait bien une demi-heure pour parvenir à ce coin » enchanteur et enchanté », alors j’écoutais ma radio et tous les quarts d’heure, j’entendais les infos du Tour… Et ce jour-là, jour de cette petite fugue, je fus saisie par la voix du journaliste qui nous faisait vivre « en direct » la montée du col d’Envalira et cette descente vertigineuse. Mais qui des trois arriverait le premier … Bahamontès, l’aigle de Tolède, et comme nous crions en  colo  le meilleur des grimpeurs ! Anquetil ou Poulidor qui vainqueur de la Vuelta avait décidé que cette année il gagnerait la Grande Boucle

J’arrivais enfin à la plage… où je fis sensation. Tous regroupés autour de moi, les vieux comme les plus jeunes, nous écoutâmes avec appréhension les commentaires sur la chute d’Anquetil dans la descente du col avant de rejoindre Toulouse.

Jusqu’à la fin des vacances, j’allai à la plage… Après, ce fut une autre histoire.

5 réflexions sur “Séquence souvenir- la grande boucle

  1. J’aime beaucoup tes souvenirs d’été d’enfance et d’adolescence.
    Chez nous on n’écoutait pas le tour de France à la radio et on ne le voyait pas à la télévision non plus.
    Je n’ai pas de souvenirs lié au Tour de France vraiment. J’aime aujourd’hui regarder les étapes de montagne et les contre la montre à la télévision. Les étapes de plaine m’ennuient assez. Bisous

    J'aime

Votre petit mot en passant

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s