les coins de Lilou

l'écriture est la seule forme parfaite du temps. Le Cléziot

Catastrophe en Champagne

5 Commentaires


Pour les Impromptus littéraires   Uchronie (d’après une idée de l’atelier Ailleurs)

La France est triste. Elle a perdu son héroïne. Celle dont on parlait dans le monde entier, Celle que l’on appelait la Pucelle d’Orléans n’existe plus.
Elle venait d’un simple et charmant petit village du pays de Champagne bâti au bord d’une rivière aux eaux claires où jouaient ablettes et barbillons. Les maisons, une dizaine en tout, étaient rassemblées autour de l’église. Les paysans buvaient du bon vin, les enfants gardaient les troupeaux gambadaient dans les herbes folles et les femmes veillaient à ne jamais laisser éteindre la flamme de leur foyer. Tout le village vivait au rythme de l’angélus, des saisons et du temps.
Au printemps, le parfum des lilas embaumait le pays. Les jeunes gens s’adonnaient avec joie et empressement au rite des « Mai ». Chaque jeune fille en âge d’épousailles découvrait au matin du premier mai une branche d’arbre sous ses fenêtres ; demande en mariage ou promesse. Elle portait ensuite sur sa tête durant une semaine, une couronne tressée de fleurs blanches et fraîches sur ses longs dénoués. Les accordailles étaient scellées.
Les amants et promis allaient ensuite à leur guise. Ils se retrouvaient sous l’arbre féerique.
Cet arbre était personnage légendaire dans ce village ; tricentenaire, ce solide chêne dont le tronc avait la forme d’un corps humain avait recueilli sans broncher depuis des d’années des confidences, des secrets. Il avait essuyé des larmes de joie, de peur, de douleur et d’angoisse. Il avait même reçu maintes confessions, de celles dont un évêque rougirait.
Pourtant, une fois, une fois seulement, le vieil arbre s’épanchât. Il raconta que les troupes anglaises envahissaient ce bon pays et que cela durait depuis près de cent ans. Nos ennemis s’emparaient de notre terre de France. Il fallait le défendre, se battre. Le pays de France n’était plus un pays mais une terre sanguinolente aux mains de l’ennemi. Les Anglais s’emparait de notre Royaume. Notre roi valeureux devait être sauvé couronné à Reims.
Eléonore de Guyenne avait trahi plusieurs siècles auparavant et portait la responsabilité de ce désastre. Elle avait épousé un Plantagenêt, roi d’Angleterre.
Une femme avait trahie, une femme devait laver cet affront et seule une pucelle pouvait accomplir le miracle de bouter l’Anglais hors du royaume de France.

Jehanne, jolie brunette essoufflée par une course derrière des brebis espiègles s’arrêta pour se reposer dans la mousse toute fraîche. Elle entendit ses paroles et brusquement réalisa qu’elle seule avait les pouvoirs de ce haut fait de guerre. Pucelle elle resterait, lèverait une armée et la guiderait sans relâche, infatigablement.
Ce qui fût dit fût fait. Elle s’arma, chevaucha jour et nuit, éperons contre éperons avec son compagnon d’armes Gilles de Rais, meilleur archer du Roi. Elle mania l’ épée avec une adresse de bretteur et réussit à faire couronner notre bon Charles VII.
La suite, nous la connaissons, prisonnière des Bourguignons, elle fut vendue pour quelque monnaie aux Anglais qui s’empressèrent de dresser un bûcher à Rouen et de la sacrifier. Les flammes se virent de Paris a-t-on même raconté.

Aujourd’hui 30 mai 2011 alors que nous préparons à fêter le cinq cent quatre vingtième anniversaire de son calvaire avec moult défilés, processions et retraites aux flambeaux, l’horrible nouvelle est tombée dans toutes les agences de presse. Ce que l’on pressentait est maintenant confirmé : la science la vérité par l’ADN. Les saints restes de la pucelle analysés ne sont en fait que quelques débris d’un cadavre momifié d’on ne sait quel siècle. Jehanne n’est plus Jehanne d’Arc.
A Domrémy, son village de naissance la nouvelle s’est transformée en une bombe. L’effet est terrible. Les préparatifs qui allaient bon train sont arrêtés. Les réservations sont annulées. La population se terre dans les maisons et seuls quelques touristes venus de loin pour se recueillir dans la maison au toit de chaume errent dans les chemins.
C’est la fin de la légende. Quant à la vraie Jehanne, elle est partie avec un coquin, compagnon d’armes et plus personne n’en jamais entendu parler !
Demain les lilas, muguet et coquelicots refleuriront !

Extrait du journal de l’Est
Directeur de publication
Monsieur Pierre Cauchon

5 réflexions sur “Catastrophe en Champagne

  1. J’ai beaucoup aimé ton texte. Jeanne d’Arc mythe ou réalité. Certains auteurs disent qu’elle n’était pas une bergère mais une noble, certains disent que c’était un homme…. En tout cas des nationalistes la récupèrent actuellement et c’est navrant.

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  2. Il est extra ton texte Lilou, j’aime bien cette fin heureuse pour cette pauvre Jehanne ! 😉

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  3. Un beau texte très intéressant, La république, 3e du nom, en fit le mythe pour redorer le bason du pays malmené par la guerre avec la Prusse. Sans compter qu’après la capiyulation de Napoléon III le premier acte de résistance par le peuple contre l’envahisseur d’outre-Rhin.
    Bonne journée
    Bises

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  4. On aurait donc trompé la France, le monde entier….Mince alors grave affaire. mais cela est-il vrai ou simplement légende comme la sienne comme certains disent? En tous cas il n’y a pas de fumée sans feu…..Bisousssssss

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