Un conte de Noël


Défi 155 pour lequel j’ai tenu la barre cette quinzaine….

les croqueurs

Allongée dans son lit, Joséphine avait beau fermer les yeux, le sommeil la fuyait. En cette veille de Noël, elle se revoyait toute petite à l’orphelinat. Elle pensait à ces soirées où tous assis en rond, les gamins écoutaient les plus grands lire des histoires. Cela parlait de neige, de Saint Nicolas qui avait offert des bonbons et des chocolats…Cela parlait d’un Père Noël tout habillé de rouge qui passait la nuit avant Noël, à courir de cheminées en cheminées pour déposer quelques présents. Ici à l’orphelinat on n’avait pas de cadeaux, en ce temps là, une orange ou une clémentine  que,  par jeu,  il fallait décrocher du  sapin enrubanné de guirlandes colorées et brillantes,  représentaient un véritable bonheur.. Les plus âgés d’entre eux, reconnaissaient les décors qui ne variaient pas d’années en années. Joséphine se leva, enfila son peignoir en soie, mis un peu de musique ; le requiem de Fauré, pas vraiment un chant de Noël mais tellement beau et apaisant. Le temps passait…Elle n’avait pas écrit une ligne du conte que cette année, elle avait promis de lire en ce soir de Noël à l’Orphelinat. Au fil des années, la simple réunion était devenue une fête ; et comme chaque année les « anciens » revenaient pour conter aux petits des histoires.

Mais que conter d’autre que cette  magie qui lui semblait usée. La messe de minuit si on était croyant, la neige, les souliers, le père Noël, la cheminée, le sapin décoré de boules rouges symbolisant des pommes. Des pommes ! Des pommes ; l’idée fit son chemin.

Il était une fois, dans la forêt un petit sapin vert tout recouvert de neige. Dans le grand froid un écureuil roux y trouva refuge. Soudain des cris et des rires d’enfants résonnèrent faisant écho au bruit d’une tronçonneuse. Puis dans un grand fracas le petit sapin s’abattit  et dans une fumée blanche s’éleva au dessus de lui. Des mains solides le tirèrent et le chargèrent sur un traîneau. Il glissa au milieu des prairies embrumées et fut  emporté dans le village voisin. Le petit sapin qui avait retrouvé ses belles couleurs vertes fut installé devant la porte d’une maison tandis que son locataire un peu effrayé restait tapi au milieu des branches épaisses et odorantes.

De nouvelles petites mains s’approchaient. En deux temps trois mouvements, il se para  de petits morceaux de lard, de boules de graines, de noix et noisettes, et de grosses pommes rouges. Des enfants jouaient à celui qui en accrocherait le plus. Que le petit sapin vert était heureux, il était vraiment beau. Il s’imaginait déjà racontant son aventure aux copains. Noël, il avait été sapin de Noël. N’était-ce pas là ,  le rêve de tous les petits sapins ?

Plus tard dans la nuit, des petits animaux vinrent prudemment y trouver refuge et nourriture.

L’écureuil, décida de grimper tout en haut, à la cime. Là installé avec une noisette, il entendit soudain un joyeux tintement de clochettes.. Il sentit un souffle, une brise légère, balayer l’air.  Il  aperçut une silhouette rouge.

Aux cris de joie des enfants, le petit écureuil sut qu’il n’avait pas rêvé.

Quant au petit sapin, il attendit patiemment, se retrouva plus tard dans le jardin le tronc enfoncé dans la terre. Reprendra-t- il vie ? On peut y croire comme on croit au Père Noël.

 

sapin

Pour ce conte de Noël j’héberge Loïc

Une histoire de Noël : Voyage, voyage …

Alex, depuis plusieurs nuits, était très perturbé. Des grelots, des tintements, le tenaient éveillé, et l’image d’un gros bonhomme rouge, au visage bouffi de « bon vivant », l’obsédait.

Il n’avait jamais aimé le Père Noël, ni tout ce qui gravitait autour de lui, car ses parents l’avaient éduqué dans la conviction que l’on ne doit pas mentir aux enfants… Mais alors, pourquoi ce mythe revenait-il le chatouiller, chaque nuit? Avait-il, peut-être, quelque chose à se reprocher? Le Père Noël – en admettant, tout de même, quelque part, qu’il existât – avait-il eu vent du fait qu’Alex affirmait à tous ses copains sa non-existence?

Il allait en avoir le coeur net. Un soir, avant de monter se coucher, il emprunta le caméscope de son papa, vérifia que celui-ci était bien équipé d’une cassette de longue durée, et que la batterie était bien rechargée… Il camoufla l’appareil sous son oreiller, un doigt sur le bouton, puis attendit. Combien de temps?…. Il s’était endormi, ayant eu au dernier moment le réflexe de mettre en marche… Le matin, il n’avait rien vu, ni entendu.

Il sauta du lit, évidemment, brancha le caméscope sur le téléviseur, et… le monde entier commença à défiler devant lui ! D’abord, sa chambre, où on le voyait dormir à poings fermés, puis sa maison, sa rue, sa ville, survolée – en traîneau, très certainement – au son tintinnabulant de grelots aigrelets. Puis, une grosse voix, à la fois sévère et tendre: « Nous nous trouvons actuellement au-dessus du pont de Tancarville, et nous nous dirigeons vers les Açores. Voici à présent Fort-de-France, puis Cap Kennedy… ». Tout se passait à une vitesse fulgurante.

Un bruit, soudain : Papa, derrière le canapé, ouvrait la porte.
– « Mais que fais-tu là? Déjà levé? Et tu as encore allumé la télé! Eteins ça, tout de suite!
– Mais, papa… bredouillait-il, les yeux écarquillés… Rembobine la cassette, et regarde…
– Quoi? dit le père. Tu divagues, ou quoi? »
Après quelques instants, le père d’Alex, par curiosité – tout de même! – a remis la cassette en lecture. Durant vingt minutes, il n’a pu voir qu’un scintillement d’étoiles, comme sur les écrans de veille d’ordinateurs, avec une bande-annonce qui défilait imperturbablement:

« Réservé aux enfants – Réservé aux enfants – Réservé aux enfants – Réservé aux enfants… »

16 réflexions sur “Un conte de Noël

  1. Voici une dame qui n’a pas oublié d’où elle vient, c’est bien, quant au sapin, sans racine, il faudrait un miracle, comme c’est Noël… qui sait, mais il aura été choisi pour la nuit la plus belle de l’année… de quoi faire des jaloux, 🙂 merci, bon lundi Croqueurs, jill

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  2. C’est un beau conte alors même si les sapins de noël coupés ne reprennent pas vie on peut espérer à celui-ci qu’il revivra…. Et nous revivrons nous après notre mort. Mais là c’est une autre question… Belle journée. J’ai participé.

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  3. Deux très jolis contes de Noël. Les mandarines et les oranges sur le sapin , j’ai connu . Le petit écureuil a eu un beau Noël .
    Je crois que tous les enfants ont droit à une part de rêve;Qu’importe si la nuit de Noël on leur dit un mensonge ? La joie d’un enfant le vaut bien.
    J’ai écrit mon conte un peu en retard .Bonne journée

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  4. Bonjour Lilou. Merci beaucoup pour ton défi et de nous offrir deux contes en une seule page, bravo à toi et à Loïc, vos deux histoires sont bien plaisantes et originales, on se plonge complètement dans leur lecture avec grand plaisir. J’ai eu un peu peur pour petit écureuil !
    Pour le sapin extrait à la tronçonneuse, je doute qu’il reprenne lui-même vie à moins qu’on lui ait laissé quelques racines, alors, là oui, c’est coriace un sapin. Gros bisous.

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  5. Merci pour ce double partage qui me ramène à mon enfance 😉
    Plus j’avance et je me demande si nos enfants et petits enfants ressentiront la magie de Noël comme nous l’avons connue 😦
    Bisous Lilou et merci pour avoir tenu la barre pour cette fin d’année.
    Domi.

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  6. Coucou Lilou
    Ah moi, j’ai eu une très mauvaise surprise… pas de caméra, à l’époque, mais j’ai réussi à me cacher… car il y avait bcp de bruits bizarres dans l’escalier qui menait à notre appartement… Et quand j’ai ouvert brusquement la porte, suspicieuse, ayant reconnu la voix grondeuse de mon père dans ses mauvais jours et celle de ma mère qui marmonnait de fait en colère…. Je les ai vus tirant, poussant un grand sapin…
    Quelle déception ! J’avais presque 7 ans ! oui, on y croyait tard à cette époque !
    Magnifiques, tes 2 contes ! superbe idée que de décorer le sapin de nourriture pour les animaux….
    Petit miracle qui se fera peut être pour le sapin : ¨Noël est magique !
    Bisous ensommeillés… A plus et merci bcp, j’ai vraiment aimé !

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  7. Comme il est agréable de penser que les sapins sont fiers d’avoir été choisis pour être « enguirlandés » et pour accueillir le petit monde de la forêt. Bonne soirée Lilousoleil !

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