les coins de Lilou

l'écriture est la seule forme parfaite du temps. Le Cléziot

L’homme au complet gris

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chapitre 4 – Récit de Thomas Drouet

Après le coup de téléphone de Richard, j’étais perplexe.  Je ne pouvais décemment pas l’accompagner « Au Temps pour soi »,  je n’étais pas officiellement sur cette enquête et pourtant je m’y trouvai mêlé puisque j’allais à cette adresse et puis je  craignais aussi de briser la confiance de Laurine. Décidément elle me plaisait cette petite blondinette… Prélude à une histoire sérieuse ?  Mordu ?   avait dit Richard en riant.

Je déclinai son invitation et nous prîmes du rendez-vous pour déjeuner à 13h. J’étais chiffonné ; cette photo c’était la quadrature du cercle. La veille,  je l’avais repérée, certes un peu racornie, sur le bureau de la patronne de Laurine ; trois photos ? ou deux si Laurine avait perdue la sienne ? volée ? Pas de conclusions hâtives. Et puis, j’avais mon enquête sur le trafic d’œuvres d’arts.

Je repris le papier que mon indic avait griffonné comme un rebus, la lanterne pour la rue, le croissant de lune pour le lieu mais le 81 ? Les habitants ne correspondaient pas à mon « client » ; selon Richard, un entrepreneur à la retraite…Je tournai le papier dans tous les sens et je compris ma méprise. 18 – 81 c’était juste les chiffres inversés.

Je décidai d’aller faire un tour chez l’entrepreneur et chez Madame Loriot mais avant, je voulais rendre visite à la tante Rose, la tante de Laurine qui l’avait élevée. M’étais avis qu’il là avait là  un secret de famille. Quid du père ? Je fus accueilli chaleureusement, Laurine lui avait conté son aventure ; une jeune femme lieutenant de police, dépêchée par Richard  était venue bavarder. Rose  n’avait rien dit… Elle m’offrit du thé délicieusement parfumé tandis qu’elle sirotait un tilleul menthe.

Quand retrouvai Richard Burel à 13h il était très nerveux…

            « – La petite a été étranglée avec son  écharpe en soie… Pas de traces. D’après le légiste cela s’est passé hier en fin d’après midi. On en saura plus après l’autopsie. Ce qui m’inquiète  vraiment c’est le mobile. Et toi la photo, que t’as raconté Laurine ? Tu as joué le héros sauveur de la Belle !

            « – Comment sais-tu que nous nous sommes rencontrés ?

  • Mon imagination ! Ton portable était coupé ! Quand il est coupé c’est que…
  • Oui heu heu heu ! Ce matin je suis allé rendre visite à la tante de Laurine, celle qui l’a élevée ; elle m’a raconté une histoire incroyable ! »

Au fur et à mesure que je parlais, le visage de Richard changeait d’expression. On aurait dit qu’une idée se faisait jour. Etions-nous à l’unisson ?  Son portable vibra ; il blêmit me fit signe de l’accompagner et ne prononça plus un mot.

Quand nous arrivâmes au commissariat, un gardien de la paix, lui remit une enveloppe.

« – Une jeune femme, une certaine Laurence l’a apportée hier. Elle a téléphoné le matin, elle voulait vous voir  parce que « ça ne collait pas ». Elle est passée ici vers 12h 30, vous a attendu mais pressée, elle est répartie en vous laissant ce mot. »

Richard  déchira l’enveloppe fébrilement et maugréant après la bêtise du gardien. Au lieu de rester les bras ballants, je demandai à jeter un coup d’œil sur la perquisition de la maison de Madame Annette Loriot. Bingo ! Je n’avais pas été malin…la ficelle est grosse pourtant ! Bon sang mais c’était bien sûr…

Les caves et les égouts… un classique. On passe d’une cave à l’autre, on ressort par le boyau des égouts et on remonte l’escalier qui donne dans l’abri des services techniques. Hop le tour est joué.

Le «  client », c’était Madame Annette Loriot.  J’eus l’impression de tomber dans  un abîme. La nouvelle n’était pas si bonne.

Richard me fit revenir sur terre.

–  Thomas, lorsque nous sommes allés la première fois « Au temps pour soi », nous avons informé tout le personnel de la situation de Laurine qui choquée, elle était rentrée chez elle. La miss Sylvie et toutes les employées ont confirmé les déclarations de Laurine. Sauf que la petite Laurence après coup, s’est rendue compte que quelque chose  clochait. Elle en fit part à ses collègues puis a cherché à me joindre.  Mais absent, elle m’a écrit un billet en disant :    « si, Mr Le Capitaine voulait la voir, elle retournait au salon.

–  et qu’est-ce qui ne colle pas demandai-je vaguement inquiet ?

  • Sylvie ! Sylvie n’était pas au salon pendant la pause déjeuner le jour de la mort du père V. Hugo, contrairement à ses affirmations. Il n’y a pas eu d’appel non plus pour un rendez-vous. En fait après être sortie avec deux collègues pour déjeuner, Laurence est revenue un quart d’heure plus tard ; le menu du jour ne lui plaisait pas, elle a juste acheté une salade composée. Sylvie nous a menti : Pourquoi ?
  • Je commençais à comprendre… J’avais des infos que Richard ne connaissait pas.
  • Il faut que je rende visite à l’entrepreneur, dis-je et vite !

Richard m’accompagna ;  cette fois c’est moi qui menais l’enquête.

Madame Suzanne Leroy, nous accueillit avec un sourire gracieux. Très volubile, elle nous fit asseoir dans de confortables fauteuils et appela son époux qui taillait des herbes dans le jardin.

  • Quelle situation dramatique ! C’est terrible pour Madame Loriot. Une dame si gentille si vertueuse… Jamais d’histoire…Bla bla bla …Nous nous connaissions peu juste bonjour bonsoir… bla bla bla…. N’est-ce pas Adrien ? dit-elle en se tournant vers son mari qui entrait.
  • Vous êtes à la retraite je crois ?, Monsieur Leroy dis-je…
  • Oui mon épouse a fait un héritage conséquent, il y un an et demi et nous avons pu nous retirer des affaires, répondit-il soudain anxieux, en tripotant un bibelot de  ferronnerie d’art,  vierge de poussière.
  • Sauf que votre épouse n’est pas la vraie héritière ! Je vis leurs visages se décomposer, je continuai : –   Avec l’aide d’Annette Loriot, vous avez usurpé l’identité de sa fille, vous vous êtes procurés des faux papiers.
  • Je vous demande pardon, Annette n’a pas d’enfant, elle est veuve depuis longtemps insista Leroy, plus mort que vif ; Je la connais depuis longtemps !
  • Ah ! je croyais juste bonjour bonsoir. Je confirme, elle a bien une fille et cette fille c’est Laurine Gallonet !

La belle Suzanne se mit à pleurnicher ; je lui coupai la parole en déclarant :

            – Et ce n’est pas tout…Vous êtes la sœur de Madame Sylvaine Dumoulin connue sous le prénom de Sylvie.

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