les coins de Lilou

l'écriture est la seule forme parfaite du temps. Le Cléziot

Les vingt cinquième plumes….

13 Commentaires


les plumes d'asphodèle

 

mireille-l-abeille-livre-jeunesse

 

 

 

 

avec les mots complices : voiture, rue, immeuble, abeille, théâtre, anonymat, animation, pavé, visite, parc, asphalte ou bitume, (asphalte ayant été donné il y a 3 semaines), bus, fuite, flâner, embouteillages, urbain, gare, cohue, chuter, constant

Le printemps était très en avance cette année là. Mireille l’abeille bien connue des enfants et des conteurs, avait été réveillée très tôt pour la saison. C’est un peu bougonnante et bourdonnante qu’elle avait franchi le seuil de sa petite ruche, traversé le jardin merveilleux pour visiter et rendre hommage à ses chères fleurs. Las, pour l’instant il n’y avait encore que feuilles mortes ou quelques toutes petites pousses par-ci par-là.
Elle respirait à plein poumon air pur mais humide quand une saute de vent soudaine, la jeta d’abord contre le mur du petit parc, puis brutalement, elle fut soulevée et emportée dans ce courant d’air. Pauvre Mireille, Elle fut comme assommée et quand elle recouvra ses esprits, elle était au milieu d’un ruban noir. Elle se souvint alors d’avoir entendu le vielle Maya parler de routes recouvertes de bitume et qu’il ’était dangereux d’y traîner. Courageusement, elle déploya ses ailes qu’elle fit sécher puis vérifia que ses ailes n’étaient pas blessées par cette chute vertigineuse et elle s’envola vers les horizons bizarres qu’elle apercevait au loin.
Mireille eut l’impression d’être dans un autre monde. Ici pas de fleurs ou très peu ; en tout cas rien à butiner, tout était dans un triste anonymat, et cependant il y régnait une animation avec autant d’embouteillages, aussi bourdonnante que toutes les ruches du jardin un 14 juillet. Elle survola des rues pavées, des places entourées d’arbres et des pelouses immenses. Elle sentit une odeur qu’elle ne sut reconnaître provenant d’une fumée qui formait des petits nuages et qui s’échappait de choses informes de toutes les couleurs. On aurait dit des voitures ! Beurk, rien à voir avec le parfum de ses chères roses ou celui du lilas blanc qui embaumait l’air de son jardin. Elle toussa un peu, se posa sur le petit rameau d’une branche pour reprendre des forces ; puis continua sa course poussée par un vent frais… Pas le temps de flâner, de déambuler, de voleter ; pas le temps d’admirer ses colonnes doriques ou ioniques d’un théâtre antique, un peu incongrues dans ce milieu urbain car maintenant elle en était sûre, elle avait chuté dans cette ville lointaine que Maya avait connue et qu’elle avait maintes fois contée. Elle était désorientée, Ses antennes avaient perdu le nord et elle ne reconnaissait aucune odeur habituelle. Elle aperçut ses immenses cubes de pierre et de béton que la vieille Maya avait appelé immeubles et qui ne ressemblait en rien à la maison du jardin merveilleux. Un peu plus loin, une grande très grande chenille avançait vite, très vite, plus vite que Pat le millepatte, et s’engouffra dans un bâtiment en grinçant de toutes ses roues. Elle sut d’instinct que c’était la gare. Elle reprit alors espoir et volant à toute vitesse, elle traversa une sorte de petit étang sale, et atterrit dangereusement sur le toit d’un bus qui s’éloignait. Elle s’arque bouta pour ne pas subir les assauts des courants d’air. Elle ignora la cohue qui descendait et grimpait à chaque arrêt.
Malgré ses efforts, brusquement, elle fut aussi violemment bousculée que la première fois et elle se retrouva au milieu de son jardin où justement tous ses amis discutait de sa fuite matinale.
Elle fut heureuse de retrouver le sable, la cour, la vieille ruche et ce vieux râleur de Léon qui cherchait aventure.
Et dans le fond de son cœur, elle garda le souvenir constant de cette expérience. Son appétit de découverte restait insatisfait. Elle se promit de revenir plus tard pour découvrir enfin la vraie ville.

Certains auront reconnu l’univers d’Antoon Krings malheureusement je n’ai pas son talent.J’espère qu’il ne m’en voudra pas de lui avoir emprunté quelqu’uns de ses personnages pour écrire ma petite histoire. 

13 réflexions sur “Les vingt cinquième plumes….

  1. BZZZZ…brave Mireille

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  2. Oh, un très joli conte, plein de fraîcheur, en ce début de printemps. C’est juste ce qu’il nous fallait !

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  3. C’est mignon tout plein cette petite abeille égarée !!! Mais tu sais que le miel de Paris est meilleur que celui des campagnes, à cause des pesticides !!! Pesticides ou pas, l’air de la campagne est plus respirable ! Et ta petite abeille l’a bien compris ! Tu m’as mis le sourire ! 🙂

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    • Et bien non je n’ai pas reconnu ce monsieur, par contre j’ai reconnue l’histoire d’une petite abeille qui m’a rapellé le dessin animé mais avec ton talent à toi qui n’est pas des moindres!!!
      Bravo et merci pour ce partage 😉
      Bises amicales
      Domi.

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    • Oui Aspho plus respirable mais loin d’être plus sain hélas!!!
      Que dit Marc Dufumier (nom prédestiné lol) !!!
      Vivre à la campagne est bon pour la santé et rend plus heureux.
      Faux. Les conditions de vie s’y dégradent.

      Triste constat hélas!!!

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  4. Jolie incursion du côté d’Anton,effectivement.

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  5. Ah je connais bien Mireille et Maya ! Très jolie ton histoire 🙂

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  6. On est tous et chacun une petite abeille à l’intérieur de soi……Très joli texte !

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  7. Jolie histoire… Sache juste que les abeilles, comme tous les insectes, n’ont pas de poumons…
    J’aime bien ton sous-entendu sur Léon ! 😉

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