les coins de Lilou

l'écriture est la seule forme parfaite du temps. Le Cléziot

Neuvième plumes à thème : Amitié

7 Commentaires


les nouvelles plumes

Liber et Inter deux personnages truculents vivaient sur le même terrain.  Ils venaient de pays différents mais les aléas de la vie les avaient exilés loin de leurs racines.

Est-ce que c’est cela qui les rapprocha ?

Au début de leur voisinage chacun était très attentif à l’autre comme tout bon compère qui se respecte. Liber était rigolard, hasardeux, espiègle alors que Inter était triste comme un bonnet de nuit, timide et frileux. Liber se lançait dans de grandes aventures alors qu’Inter demeurait cloitré dans les murs de son hangar ; à peine osait-il ouvrir ses fenêtres pour respirer l’air pur et frais.

Liber, toujours décontracté, fit le premier pas et invita Inter qui lui rendit la politesse par obligation. Cependant, malgré leur différence de caractère, l’entente fut sans nuage une sorte d’alchimie, une mayonnaise onctueuse et délicieuse. Les mois passant, Inter écoutait avec envie et même passion les récits délirants de Liber… Liber, lui s’ennuyait, il était scotché, pantois, devant une curiosité si bridée, des obligations strictes et des tabous qu’Inter s’imposait. Enfin la vie allait et ainsi la vie va…et l’amitié passe par des chemins inconnus et bien mystérieux ;

Mais un jour, tout se détériora. Insidieusement, les belles idées de Liber firent leur chemin et un grain de sable enraya la machine qui s’emballa à une vitesse hallucinante.

 Un matin, Liber sonna à la porte d’ Inter rouge de colère :

–      Hé, Inter, dis, c’est qui qui a déposé le tas d’ordures dans mon petit coin de paradis ? C’est une honte, un scandale !

–      Quoi Liber,  té, arrête de râler, ton refrain me fatigue le cerveau ! Viens donc boire un godet. Tu ne vas pas pinailler pour deux épluch…

–     Deux épluchures, deux épluchures, une poubelle entière, oui,  d’immondices nauséabondes. Débarrasse et en quatrième vitesse !!

Le lendemain, c’est Inter qui frappa à la porte de Liber furieux :

–       Hé, Ho,  baisse ta radio Liber, té, avec ton rap reggae, je ne m’entends pas faire mes vocalises !

–        Justement, j’aime pas l’opéra, c’est mon droit Inter, hein, dis Inter !

Et chaque jour apporta son lot de chamailleries… Les insultes commencèrent à pleuvoir. Quand la déraison s’en mêle, tout bon sens est perdu et on en arrive aux catastrophes et quand il n’y a plus de bornes, les limites sont dépassées !

–       Hé !  Inter, dis tu devrait faire un régime ; tu grossis à vue d’œil…

–       Tu t’es pas regardé Liber.. Té, t’a une tête à vendre des lacets.. Tu fumes trop de pétards…

L’apparition d’une barrière dotée d’une  pancarte « Propriété privée,  Défanse d’entrée » fit réponse aux petites culottes affriolantes de l’un étendues  sous le nez de l’autre, s’appropriant ainsi le jardin de son voisin ; la barrière qui fut détruite nuitamment à coups de pioche particulièrement bruyants. Après la  plainte dûment déposée, un carton de bouchons d’oreilles fut livré et renversé  sur le paillasson du mauvais coucheur.

Cela ne pouvait vraiment plus durer et ils en vinrent aux mains, les manches à balais étaient déjà brisés.

–        Tiens, mon droit directement dans le museau!

–        fais gaffe, tu vas être surpris ;  découverte de mon crochet du gauche !

 Ainsi il en fut fait de la grande amitié…

Penauds, ils se retrouvèrent à l’hôpital. Un médecin avait recousu les plaies et les infirmières avaient pansés les petits bobos. Malicieuses, elles avaient utilisé du mercurochrome très coloré. Ils ressemblaient tous les deux à un champ des coquelicots. Ils éclatèrent de rire en se regardant.

Depuis, Liber et Inter vivent en bonne intelligence… Il y a bien de chaque côté quelques griffures dans la cohabitation mais juste ce qu’il faut.

 

Inspiré par Claude Boujon

auteur d’albums littérature

de jeunesse.

7 réflexions sur “Neuvième plumes à thème : Amitié

  1. Pingback: LES PLUMES N° 9, les textes pour l’Interdit ! | Les lectures d'Asphodèle, l'écriture et les humeurs…

  2. Liber et Inter, ce sont des footballeus ??? Droit au but les deux pépères !!! Ton texte m’a fait sourire !!! 🙂

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  3. J’ai souri, c’est plaisant a lire

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  4. Très drôle! Moi je me demande vraiment comment c’est, une tête à vendre des lacets…

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  5. Jolie fable. A lire aux mouvementeux, le soir, avant de s’endormir. J’aime bien les dialogues,

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  6. Comme quoi, l’amitié, ça va ça vient. 😉 J’adore ton beau texte, plein de saveur douce amère. 😀

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