les coins de Lilou

l'écriture est la seule forme parfaite du temps. Le Cléziot

Un deuil dangereux

6 Commentaires


Anne PerryUn deuil dangereux

Série William Monk

traduit par Elisabeth Kern

10/18 collection Grands détectives

1999

– Bonjour Monk !

La satisfaction se lisait sur le visage étroit de Runcorn. Son col cassé, placé un tantinet de travers, devait lui pincer le cou chaque fois qu’il tournait la tête.

– Faites un saut à Queen Anne Street. Chez Sir Basil Moidore.

Il avait prononcé ce nom comme s’il le connaissait depuis toujours, mais il n’en était rien. Il considéra Monk pour voir si ce dernier avait deviné cette lacune, mais l’inspecteur ne laissa rien paraître. Runcorn continua sans chercher à réprinmer la hargne dans sa voix.

        Octavia  Haslett, le fille de Sir Basil a été assassinée. Elle était veuve. On ‘a retrouvé poignardée, […]

 Voici comment commence le deuxième tome des aventures de William Monk. Le terme de tome n’est peut-être pas vraiment approprié car ce n’est pas une suite du premier livre « L’étranger dans le miroir » mais on n’y retrouve les personnages récurrents. D’abord à tout seigneur tout honneur : Monk. Il est inspecteur à la police de Londres. C’est un homme charismatique, tenace, ombrageux terriblement efficace et amnésique à la suite d’un accident en fait une tentative de meurtre visant à éliminer d’une enquête. Hester Latterly, jeune femme

Avec un caractère bien trempé, infirmière en Crimée, formée à l’école de Florence Nightingale revenue à Londres en raison de problème familiaux. Callandra Daviot amie d’Hester qui deviendra aussi celui de Monk, riche veuve pleine de dévouement de bon sens et surtout qui a des connaissances bien à propos pour aider ses amis dans les difficultés. Et enfin pour compléter la distribution Oliver Rathbone, avocat, riche et talentueux, qui se joindra aux trois premiers pour former un quatuor solide et indéfectible.

Pourtant il y a du noir dans le tableau. Hester et William Monk sont comme chien et chat. Ils se cherchent, ils se toisent mais ils se respectent, s’estiment et défendent leur carré de terrain, leur point de vue avec flamme et conviction. Cependant, ils seront dans l’adversité d’une grande loyauté.

L’intrigue ; elle serait banale s’il elle n’avait lieu dans l’aristocratie londonienne, une aristocratie étriquée, rigide. Sir Basil est le maître et le démontre à chaque instant.

Monk et son adjoint Evan, lors d’un premier interrogatoire, vont voir défiler une galerie de portraits lissés par la plume de l’auteur au millimètre. La vieille Lady digne et blessée, la jeune lady, atone préoccupée que d’elle-même et façonnée comme une marionnette. La sœur de la victime, une femme solide à poigne qui cache des blessures profondes.

On découvrira, au cours de l’enquête le véritable caractère de ses femmes et si je n’évoque les messieurs, c’est parce qu’au travers de cette intrigue policière, c’est le  statut de la femme de la haute société anglaise qui est brossé. Je rapporterai le discours le la jeune lady qui explique à Hester ce qu’est et doit être l’éducation ; leur éducation c’est plier devant l’autorité, autoritarisme rétrograde d’un père puis de l’époux, souvent imposé, c’est ne pas pouvoir exprimer  d’opinions et surtout ne pas sortir de leur boudoir pour autres choses que les mondanités. Anne Perry abordera aussi les violences faites aux femmes quelle que soit leur condition.

Et si on revenait à l’intrigue… Monk a désormais la certitude que le crime n’est pas celui d’un rodeur… Alors qui ? Et voilà les membres de la famille qui vont faire craquer leur masques et l’atmosphère deviendra irrespirable…

Et Hester ? Quel rôle dans l’histoire, Après avoir été renvoyée pour insubordination de l’hôpital, elle apportera son aide à Monk pour résoudre cette affaire pas si simple,  qui réserve beaucoup de surprises et rebondissement et qui ne laisse surtout pas indifférent.

 J’avais déjà lu cette aventure il y a presque dix ans et vaguement oubliée. En le redécouvrant, le crime est devenue secondaire et je me suis attachée davantage aux conditions de la femme qui sont traitées avec beaucoup de soins et aussi au travail  qu’a accompli Florence Nightingale qui est à l’origine de la formation des infirmière moderne.

Mon opinion : à lire absolument !

logo-challenge-victorien-2 voisinsvoisinesversioncpolar chez lilibaanne perry

6 réflexions sur “Un deuil dangereux

  1. Mais comment veux-tu que je fasse baisser ma PAL ???

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  2. Pingback: Billet récapitulatif mois anglais 2013 | Plaisirs à cultiver

  3. Je n’ai toujours pas commencé à lire la série des Monk, un jour peut-être… 😉

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  4. Pingback: Le challenge Anne Perry | Thé, lectures et macarons

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