les coins de Lilou

l'écriture est la seule forme parfaite du temps. Le Cléziot

Douleur : chapitre 6

10 Commentaires


Voir les chapitres précédents  undeuxtrois et quatrecinq Désir d'histoire

Renoir lise cousant

Bien sûr, Jacotte avait reconnu Léonie ; Elle n’eut aucun doute quant à son dessein. Immédiatement un frisson avait parcouru tout son corps et avait fait résonner une alarme. Nul besoin d’exposés métaphysiques pour qu’elle sente le danger. Elsie avait cinq ans et elle allait tout faire pour empêcher la rencontre de ces deux êtres. Mais le temps est cruel et la maladie n’épargne personne. Jacotte fut victime d’une fluxion de poitrine. Elle dut rester alitée plusieurs semaines. Elle eut alors peur ; très peur ! Qu’adviendrait-il de la petite Elsie ? N’allait-on pas lui reprocher sa faiblesse ? Il n’y avait pas d’adoption possible ! Comment la petite fille accepterait-elle ce nouvel abandon. Après moult réflexions, elle prit la décision, la meilleure pour Elsie.

Léonie et Eugène, eux,  avaient le bonheur de veiller sur deux petites filles, Céline, petite brune, calme et un peu renfermée et Bertille blond vénitien joyeuse et espiègle. N’étant pas pensionnaires de la même institution, elles étaient heureuses de se retrouver les jeudis, Elles allaient avec leur Marraine, goûter, ensemble dans une grande pâtisserie lyonnaise. Là elles dégustaient une grande tasse de chocolat crémeux avec une brioche fleurant le beurre frais et piquée d’une praline au sucre rouge.

Trois ans s’écoulèrent ; une vie de famille normale chez les Rosaire, les Petites partageaient maintenant la vie du couple Rosaire bien que l’adoption ne fut pas entériné.

C’est alors que la lettre arriva. Léonie ne comprit pas tout de suite les termes du courrier tant elle était abasourdie. Jacotte était décédée et avant de rendre son âme au Seigneur, elle avait soulagé sa conscience mais pas tout à fait… Jacotte n’avait  paseu  le courage de révéler la vérité à Elsie et lui dire que sa mère  la recherchait. Et puis était-ce à elle de le faire ? Le destin déciderait.

Léonie pleurait et riait à la fois. Les filles étaient dans le boudoir à broder ; pas leur passe temps préféré mais Léonie tenait beaucoup à ce qu’elles tinssent des aiguilles correctement. Elles virent les larmes de Marraine sans comprendre. C’était les vacances d’été…Léonie et Eugène traversèrent les jours suivants entre ombre et lumière… Elsie leur était rendue…Elle avait huit ans.

Aujourd’hui, Léonie est radieuse…son sourire rayonne sous la véranda de la maison près de Neuville sur Saône. La fête bat son plein. Trois jeunes filles, des triplés… Elles ont revêtu une robe gris perle à pois noir et blanc chacune arborant une fleur de  coquelicot sur l’épaule … On dirait un tableau de Renoir ! D’un commun accord, elles ont décidé que le dernier dimanche de juin serait le  jour de leur anniversaire.

Léonie appuyée près de la porte fenêtre murmure à l’oreille d’Eugène très fier lui aussi  ; leurs filles sont magnifiques.

Tout ne fut pas facile. Céline et Bertille avait très vite accepté cette nouvelle sœur.  Elsie s’était montrée rétive, enfermée dans la douleur…Puis il y avait eu les années collège générant encore une séparation. Que de temps, il a fallu à Léonie pour apprivoiser Elsie sa fille… lui révéler la vérité. Comment lui expliquer ? C’est Eugène qui trouva les mots. Elsie est restée très proche de cet homme doux et solide.

soudain, le silence se fit :

Mesdames, messieurs dit d’une voix cristalline Bertille, mes sœurs et moi sommes ravies de votre… le reste se perdit dans les sons d’une valse de Chopin jouée avec doigté par Céline, elle avait travaillé quelques mois avec Frantz Liszt comme professeur pendant qu’ Elsie buvait les paroles de George Sand ; elle voulait être journaliste… l’évasion littéraire au profit de l’information… tout un programme de vie !

Bertille, quant à elle passa sa soirée à capturer des visages avec un gros appareil qui faisait de la photographie. Demain, elle s’enfermerait dans la chambre noire et par la magie sortirait des belles images sépia pour les souvenirs.

FIN

les mots d’Olivia :

capturer – image – son – évasion – alarme – danger – rouge – coquelicot – mesdames – messieurs – homme – faiblesse – âme – gris(e) – ombre – doute – métaphysique – collège – professeur

10 réflexions sur “Douleur : chapitre 6

  1. Coucou Lilou,
    Beau décor chez toi.
    Des épisodes que j’ai ratés… Faudrait que je reprenne du début pour comprendre…
    Un break de 15 jours ça fiche sacrément en retard dans la bloguo 😆
    Je repasserai certainement 😉
    Bon we et gros bisous d’O.

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  2. 😆 tu es encore à l’heure d’hiver… ça me fait gagner du temps 😆

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  3. Il va me falloir lire le début pour entrer dans l’histoire mais exercice très réussi.
    Amitiés

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    • c’est vrai j’ai commencé l’histoire, il y a déjà quelque temps puis je me suis interrompue trois semaines pour raison de santé…alors on perd vite le fil….merci de ta visite.
      avec le sourire malgré la pluie incessante

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  4. Comme les autres j’ai loupé le début, mais j’apprécie l’ambiance dans laquelle tu nous mènes!!!
    J’irai lire les précédents!!!
    Bisous et bon week-end en espérant que tu ailles bien ou mieux!!!
    Domi.

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  5. Une jolie ambiance d’un autre temps que tes mots rendent bien.
    La brioche aux pralines m’a donné l’eau à la bouche, comme si j’y étais.

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  6. j’aime beaucoup la fin et la référence aux tableaux de Renoir 😉
    Bon dimanche Lilou

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  7. Une fin heureuse, qui clos magnifiquement ton histoire d’abandons et de retrouvailles. 😀 J’adore ! 😀

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    • merci… Je ne voulais pas que cette histoire se termine aussi tragiquement que pour la petite Caroline fille de Mme Zola dont je me suis inspirée. J’ai dû m’interrompre le temps de faire soigner mon dos. Je vais essayer d’aller vers plus de gaité.
      avec le sourire

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